WIRE — Dans l'interview qu'il a accordée au bureau de Dakaractu Thiès, le président du Parti Jëf Jël, Talla Sylla, a répondu sans détour aux différentes questions qui lui ont été posées, relatives à l'audience annoncée entre Macky Sall et le président Diomaye Faye, la décision du CC concernant l'annulation de la loi de révision constitutionnelle adoptée par les députés de Pastef, la visite de Sonko dans la région de Diourbel, la création prochaine d'un nouveau Parti appartenant au président Diomaye, etc. S'agissant d'une probable alliance entre ce nouveau Parti et Jëf-Jël, Monsieur Sylla se veut clair : "notre parti est et restera toujours ouvert tant qu'il s'agit de servir le peuple. En revanche, nous ne participerons à aucune entreprise dont l'objectif secret ou avoué serait de se servir du peuple, et à fortiori de sévir contre le peuple..."⁶ 1- Le président Macky Sall bénéficie de nombreux soutiens de la part de plusieurs présidents de la République dans le monde et d'institutions internationales. Il est annoncé à Dakar où il doit rencontrer le président Diomaye Faye sauf un changement de dernière minute. Selon certains, le candidat Macky Sall est bien parti pour être porté à la tête de cette institution. Quelle lecture vous en faites? Sa prochaine rencontre avec le président Diomaye, qu'en pensez-vous aussi? - L'Histoire est une horloge qui ne s'arrête jamais, et face aux grands rendez-vous, le Sénégal doit toujours répondre par l'impératif de la grandeur. Dès le mois de février 2026, j'ai écrit officiellement au Président de la République Bassirou Diomaye Faye pour l'inviter à faire preuve de ce dépassement républicain. Si le nom de son prédécesseur, le Président Macky Sall, est porté au niveau mondial, la seule question qui vaille est : qu'est-ce que le Sénégal a à y gagner ? C'est notre drapeau qui flottera plus haut, c'est la diplomatie de la Téranga et la voix de l'Afrique au cœur du monde. Je ne saurais m'étendre sur des suppositions ou sur un rôle éventuel qu'aurait joué Ousmane Sonko dans ce dossier. Dans cette affaire, c'est le Président de la République en personne qui est interpellé. C'est sa responsabilité constitutionnelle et diplomatique. Tant mieux s'il a finalement décidé de soutenir la candidature de Macky Sall. Le véritable pouvoir est magnanime et sait briser les chaînes du ressentiment pour ne voir que l'intérêt supérieur de la Nation. C'est une leçon d'élégance démocratique administrée à l'univers. 2- le Conseil constitutionnel a annulé la loi de révision constitutionnelle adoptée par les députés de Pastef, suite au recours introduit par le président de la République. Que pensez-vous de cette décision et de la requête de la majorité Pastef ayant fait l'objet de rejet? - La décision n⁰ 6/C/2026 rendue par le Conseil constitutionnel est un moment de salubrité publique : la Constitution a séché les larmes de la République. En annulant cette loi de révision constitutionnelle votée dans la précipitation et par effraction parlementaire, les " Sages " ont infligé un camouflet magistral à la tyrannie de la majorité. Cette séquence démontre qu'une majorité parlementaire, aussi mécanique soit-elle, n'est pas propriétaire de la souveraineté. Elle n'est qu'une dépositaire temporaire. Tenter de modifier l'équilibre des pouvoirs et de dépouiller le Président de la République de ses prérogatives par le biais d'une procédure d'urgence, à l'insu du peuple, constituait une véritable forfaiture institutionnelle. Le juge constitutionnel a rappelé que la Charte fondamentale n'est pas le cahier de brouillon d'un parti politique. Je salue à cet égard la vigilance du Président Bassirou Diomaye Faye qui, en saisissant le Conseil, a pleinement assumé son rôle de garant du fonctionnement régulier des institutions. 3- Dans le cadre de ses activités politiques, Ousmane Sonko s'est rendu dans la région de Diourbel notamment à Mbacké et à Touba. Certains Sénégalais ont vivement dénoncé cette démarche à travers les réseaux sociaux. De votre côté, quelle lecture vous en faites? - N'ayant pas été témoin des faits qui se seraient déroulés au cours de cette visite, et ne disposant pas d'informations précises et rigoureusement vérifiées, je me garderai bien de commenter les anecdotes pour m'en tenir strictement aux principes. Le principe fondamental pour moi, c'est le respect absolu et scrupuleux des prescriptions de l'autorité morale de la cité, en l'occurrence le Khalife général des mourides. J'invite solennellement l'ensemble des acteurs politiques, de tous bords, à aller résolument dans ce sens. Les sanctuaires de dévotion et de concorde sociale exigent une discipline et une civilité qui doivent s'élever au-dessus des agendas partisans. 4- Il a été annoncé que le Président de la République compte créer son parti politique. Qu'est-ce que cela vous inspire? Peut-on s'attendre à une future alliance entre cette entité politique en gestation et la vôtre? - Sur ce point précis, je répondrai que Talla Sylla Président de la République ne dirigera pas de parti politique. Le Président Bassirou Diomaye Faye, lui, est libre, et est parfaitement en droit de créer son parti tant que la Constitution ne l'interdit pas. Concernant une alliance ou un compagnonnage futur, le Jëf Jël reste constant : notre parti est et restera toujours ouvert tant qu'il s'agit de servir le peuple. En revanche, nous ne participerons à aucune entreprise dont l'objectif secret ou avoué serait de se servir du peuple, et à fortiori de sévir contre le peuple. Nous sommes, par essence, des serviteurs du peuple et des sentinelles de la République. C'est cette éthique intangible, et elle seule, qui guidera toutes nos positions actuelles et futures. 5- Quelles sont les ambitions de votre parti à Thiès et au Sénégal lors des prochaines joutes électorales? - Le Jëf Jël est en ordre de marche. Nous avons acté la convocation de notre Conseil national pour le dimanche 27 septembre 2026. C'est au cours de cette instance souveraine que le parti déterminera de manière démocratique et stratégique sa politique d'alliances en direction des élections locales et éventuellement des élections législatives anticipées. Pour Thiès, qui demeure mon ancrage de cœur et de combat, comme pour le reste du Sénégal, nous croyons fermement que les calculs de boutiques politiques n'ont plus leur place. Pour les scrutins à venir, notre seule et unique boussole sera la sauvegarde de la République e... www.dakaractu.com

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