WIRE — Invité de l'émission " Jakaarlo Bi " sur la Tfm ce vendredi, le chroniqueur Badara Gadiaga est longuement revenu sur la décision du Conseil constitutionnel invalidant la loi de révision constitutionnelle. Il y voit une victoire politique et juridique du président Bassirou Diomaye Faye sur son ancien mentor, Ousmane Sonko. Pour le chroniqueur, cette séquence institutionnelle consacre une rupture assumée entre les deux hommes, dont Sonko lui-même aurait, selon ses propres mots rapportés par intervenant, toujours désigné Diomaye comme l'incarnation de " l'esprit du projet Pastef ". Badara Gadiaga estime que le chef de l'État n'a fait que " prendre ses responsabilités face à l'histoire ", après avoir été, selon lui, " attaqué et minimisé " par sa propre formation politique. Le chroniqueur s'est ensuite montré critique face au groupe parlementaire Pastef, qu'il accuse d'avoir voulu modifier la Constitution " pour des simples besoins politiques ", par le biais de " députés irréfléchis, irresponsables ". Il salue à l'inverse la posture de la haute juridiction constitutionnelle, qu'il présente comme un rempart des " principes républicains " face aux dérives supposées de la majorité parlementaire. Il faut rappeler que le Conseil constitutionnel a, dans sa décision n°6/C/2026, rendue publique jeudi 9 juillet, déclaré contraire à la Constitution la loi n°18/2026 portant révision de la loi fondamentale, adoptée par l'Assemblée nationale le 29 juin dernier. Le recours avait été introduit en procédure d'urgence, le 6 juillet, par le président de la République, sous la plume de Me Cheikh Ahmadou Ndiaye, et enregistré sous le numéro 6/C/26. Le chef de l'État invoquait une violation de la procédure de révision constitutionnelle. Sur le fond, le Conseil a d'abord tranché la question de sa propre compétence, rejetant l'exception d'irrecevabilité soulevée par le camp parlementaire, qui contestait son pouvoir de contrôle sur une loi de révision constitutionnelle. Les sages ont affirmé être compétents pour vérifier les conditions d'adoption, la régularité de la procédure et le respect des limites constitutionnelles encadrant l'exercice du pouvoir constituant dérivé. Sur le fond du dossier, deux vices substantiels de procédure ont été retenus. D'une part, le texte institue une nouvelle Cour constitutionnelle ainsi qu'un organe unique de gestion des élections, soit de nouvelles charges publiques, sans être assorti de recettes financières compensatoires, en violation de l'article 82 de la Constitution. D'autre part, l'Assemblée nationale n'aurait pas respecté la procédure de vote unique, qui impose aux députés de se prononcer globalement sur le texte tel qu'amendé et validé par l'exécutif. Conséquence directe de cette décision : la loi n°18/2026 ne peut entrer en vigueur et les dispositions constitutionnelles actuellement applicables demeurent en l'état. C'est cette double défaite, juridique et politique, pour le président de l'Assemblée nationale que Badara Gadiaga a choisi de commenter sur le plateau de Jakaarlo Bi, résumant l'épisode par une formule imagée sur les rapports de force entre les deux camps : le Pastef, selon lui, maîtrisait le " Gatsa Gatsa " de la rue, mais s'illustrent surtout par des " erreurs de procédures " lorsqu'il s'agit d'affronter ses adversaires sur le terrain du droit. www.dakaractu.com
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