WIRE — Appuyées par la Brigade d'intervention polyvalente (BIP) pour les arrestations, la Direction de la police judiciaire (DPJ) et la Direction de la sécurité publique (DSP) ont mis en place un pool d'enquêteurs afin de neutraliser la bande présumée à l'origine de plusieurs braquages. Le 4 juillet 2026, le commissariat spécial de Touba a mis à la disposition du pool d'enquêteurs, composé d'éléments de la DPJ et de la DSP, le nommé Seydi Diallo, un marabout domicilié à Tivaouane. Ce dernier avait été interpellé la veille à bord d'un véhicule pick-up de marque Ford, immatriculé AA 793-PP, alors qu'il tentait de le vendre à Touba. Conduit sous bonne escorte au commissariat de Louga, Seydi Diallo a été entendu sur les faits. Dans un premier temps, il a tenté de nier toute implication, notamment dans le cambriolage commis à Louga, au niveau d'un point Wave, dans la nuit du 29 au 30 juin 2026, aux environs de 21 heures 30 minutes. Mais confronté aux données techniques et aux réquisitions ayant permis d'établir sa présence sur les lieux incriminés, il a finalement reconnu avoir participé audit cambriolage. Mieux encore, il a avoué avoir pris part aux cambriolages de Ndiassane et de Tivaouane, commis dans la nuit du 28 au 29 juin 2026. Les premières interpellations orientent les enquêteurs vers Thiès, Louga et Tivaouane Interrogé sur la séquence vidéo montrant des individus encagoulés faisant irruption dans le point Wave situé au quartier Montagne, où un montant estimé à environ 10 millions de francs CFA avait été emporté par les malfaiteurs, il a identifié cinq individus ainsi que deux autres personnes dont il ne connaît que les surnoms. C'est ainsi qu'il a cité le nommé F. Seck, domicilié à Thiès, selon ses déclarations. Toutefois, il a nié toute implication dans l'attaque d'une poissonnerie à Touba. Concernant l'arsenal retrouvé dans le véhicule, composé notamment d'un marteau de gros calibre, de deux pieds-de-biche, de sept arrache-clous de différentes tailles, d'une paire de sandales de couleur marron, de trois meules coupées de tailles différentes, de deux cartographies représentant l'Afrique et le monde, de deux scies à métaux de marque Dingqi, de deux cagoules de couleur marron, d'une cagoule noire et verte, d'une cagoule aux motifs fleuris rose et blanc, d'une paire de gants noirs, d'un pantalon de type jogging de couleur rouge, d'une chemise bleu clair, d'une tablette de médicaments entamés, d'une puce vide utilisée et d'une clé de marque Dak, il a confirmé que ce matériel avait servi à la commission de leurs forfaits. Dans sa version des faits, Seydi Diallo a soutenu que le nommé S. Sow, présenté comme le cerveau du groupe, l'aurait recruté en qualité de chauffeur. Concernant le cambriolage de Ndiassane, il a révélé que M. Dia, employé du petit frère de la victime, aurait orchestré l'opération. Dans la foulée, le commissariat spécial de Touba a procédé à l'interpellation de quatre autres personnes supposées appartenir au gang. Il s'agit de B. Fall, B. Coulibaly, S. Ka et B. Ka. L'exploitation des réquisitions effectuées a démontré que les membres présumés du groupe étaient établis entre Louga, Tivaouane et Thiès, dans la mesure où la quasi-totalité des interpellations a été réalisée dans ces différentes zones. Le 5 juillet 2026, à 4 heures du matin, une équipe composée d'éléments de la Brigade d'intervention polyvalente (BIP), du pool d'enquêteurs et des agents du commissariat central de Louga s'est rendue à Thiès dans le cadre de la poursuite des investigations. Arrivée à 6 heures 30 minutes, l'équipe s'est dirigée vers le commissariat central de Thiès, où elle a été renforcée par des éléments de la Brigade de recherches. La mission consistait à interpeller le nommé F. Seck, formellement cité par Seydi Diallo comme étant l'un des membres du gang ayant participé aux différents cambriolages. L'équipe mixte s'est ensuite rendue au domicile familial du mis en cause, situé au quartier Massamba Guèye 2 de Thiès. Sur place, le frère de F. Seck, entendu par les enquêteurs, a indiqué que ce dernier résidait depuis quelque temps à Diamniadio, auprès de sa belle-famille. Les enquêteurs se sont immédiatement transportés à cette adresse, où F. Seck a été localisé puis interpellé avant d'être conduit à Louga pour les besoins de l'enquête. Lors de son audition sommaire, F. Seck a nié toute implication dans les faits qui lui sont reprochés. Il a affirmé ne pas avoir quitté Diamniadio depuis plusieurs mois, précisant que ses seuls déplacements étaient liés à son activité de manœuvre maçon sur les chantiers de son beau-frère, A. Guèye, notamment à Bargny. Toutefois, il a reconnu avoir été déféré à trois reprises au parquet de Thiès pour des faits de vol à main armée. Parallèlement, le commissariat spécial de Tivaouane a procédé à l'interpellation de M. Dia, également cité par Seydi Diallo. Selon les déclarations de ce dernier, M. Dia aurait fourni aux membres du groupe des renseignements ayant permis de cibler le véhicule pick-up dérobé, lequel aurait ensuite été utilisé pour la commission de plusieurs forfaits. Confrontations, dénégations et nouveaux soupçons dans l'enquête Les premiers éléments de l'enquête indiquent que le propriétaire dudit véhicule, Serigne Abdou Kounta Fall, est le grand frère de l'employeur de M. Dia, auprès duquel ce dernier exerçait en qualité d'agent chargé de l'entretien des vergers. Par ailleurs, le commissariat central de Louga a procédé à l'interpellation du nommé A. Sow, alias B. Sow, âgé de 74 ans. Ce dernier a été localisé à Louga dans la nuit du 28 au 29 juin, vers 21 heures, au moment du cambriolage. Son numéro de téléphone a également été retrouvé dans le journal d'appels de M. Dia, alias " Ndougou ", ainsi que dans celui de D. Sow, cité par Seydi Diallo comme faisant partie de la bande. Interrogé sur les déclarations de Seydi Diallo, qui affirme qu'il appartenait au groupe et qu'il aurait fourni des informations sur la maison de Serigne Abdou Kounta Fall, A. Sow a maintenu sa position en niant toute implication dans cette affaire. Une confrontation a alors été organisée entre lui et Seydi Diallo afin de faire progresser les investigations. Malgré cela, A. Sow a continué à nier les faits, allant jusqu'à contester que le numéro de téléphone évoqué lui appartienne, malgré les déclarations de son nouvel employeur, D. Ba, qui a affirmé l'avoir appelé à deux reprises sur ce numéro, le 5 juillet 2026, avant son interpellation. Dans la continuité des investigations, les exploitations techniques et les renseignements recueillis ont permis d'identifier et de localiser M. Sow, qui a été interpellé vers 17 heures dans la localité de Diatmel Midere, un village situé non loin de Louga. Entendu à son tour, M. Sow a nié en bloc son appartenance au groupe. Confronté aux éléments issus de son journal d'appels, révélant plusieurs communications avec le surnommé " Diom Thiaya ", cité par Seydi Diallo comme membre de la bande, il a déclaré, sans parvenir à convaincre les enquêteurs, que ce dernier était simplement un éleveur et un client rencontré dans le " daral " de Louga environ un an auparavant. Un autre rebondissement est intervenu dans l'enquête lorsque l'exploitation des résultats des réquisitions a laissé apparaître l'implication présumée de B. Fall dans le cambriolage du domicile de son employeur, Serigne Abdou Kounta Fall. Interpellé puis entendu, B. Fall a nié toute participation audit cambriolage. Les perquisitions révèlent de nouveaux éléments matériels Il a déclaré que M. Dia, qu'il aurait employé à l'insu total de Serigne Abdou Kounta Fall, ne se serait jamais rendu au domicile de ce dernier. Selon lui, M. Dia ne pouvait donc pas connaître avec autant de précision la disposition des lieux ainsi que l'emplacement des véhicules qui s'y trouvaient. Toutefois, les renseignements recueillis par les enquêteurs laissent penser que B. Fall aurait pu fournir ces informations à M. Dia. Les deux hommes se seraient d'ailleurs séparés le 30 juin 2026, soit juste après le cambriolage de Ndiassane. Concernant cette séparation, chacun des protagonistes a livré sa propre version des faits. Dans la journée, une perquisition a été effectuée au domicile de M. Sow, qui continue de nier toute implication dans le cambriolage perpétré à Louga. Les investigations ont également permis de mettre au jour d'autres éléments matériels. Au domicile de M. Sow, à Louga, les enquêteurs ont découvert deux machettes, un couteau, une arme à feu artisanale accompagnée de deux munitions de couleur rouge, ainsi qu'un " jalabé " de couleur verte avec des rayures jaunes. Ce vêtement présente des similitudes avec celui porté par l'un des malfaiteurs visibles sur les images de vidéosurveillance du cambriolage du point Wave de Louga. L'exploitation des résultats des réquisitions a également révélé que M. Dia avait échangé avec le nommé A. Sow dans l'après-midi du dimanche 28 juin 2026, à 15 heures 45 minutes, soit à la veille du cambriolage de Ndiassane. Confronté à ces éléments, M. Dia a nié être le propriétaire du numéro concerné, sans toutefois être en mesure d'apporter des explications convaincantes aux enquêteurs. Les enquêteurs poursuivent leurs investigations afin de déterminer avec précision le rôle joué par chacun des suspects et d'identifier d'éventuels autres membres de cette bande présumée impliquée dans plusieurs opérations de cambriolage entre Ndiassane, Louga, Tivaouane, Touba et Thiès. L'enquête se poursuit.

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