WIRE — L'horreur de Madina Wandifa (Sédhiou) continue de susciter une vive émotion au Sénégal. Ce jeudi 9 juillet, le journal Source A révélait qu'une adolescente de 14 ans, souffrant d'un handicap physique et de troubles mentaux, avait été tuée à coups de pilon par son beau-père dans la nuit. Le meurtrier aurait déclaré avoir agi pour " mettre fin aux souffrances " de son épouse. Le décès a été dissimulé par l'imam et deux femmes chargées de la toilette mortuaire, aujourd'hui mis en cause.. Un drame qui révèle une carence systémique Un crime révélateur du déficit de santé mentale Pour Ansoumana Dione, président de l'Association Sénégalaise pour le Suivi et l'Assistance aux Malades Mentaux (ASSAMM), ce crime atroce n'est que le symptôme d'un mal plus profond. " Véritablement, l'assassinat si atroce de cette jeune fille de quatorze ans […] […] pose le débat sur le déficit criard de la prise en charge de la santé mentale au Sénégal ", a-t-il déclaré. Une politique nationale inexistante L'ASSAMM dresse un constat accablant : aucune politique nationale ne soulage les familles qui, comme celle de la victime, vivent avec des proches atteints de déficiences mentales, d'infirmité motrice cérébrale, ou d'autisme. Les hôpitaux régionaux sont dépourvus de services dédiés et les ruptures de médicaments sont fréquentes, plongeant les familles dans un isolement total. Un président qui refuse de recevoir l'association déjà en mars 2023, Ansoumana Dione s'inquiétait du traitement judiciaire réservé aux malades mentaux après l'internement d'Azoura Fall sans expertise médicale. L'ASSAMM avait alors dénoncé une " décision dangereuse pour tous les citoyens ". Aujourd'hui, le président de l'association révèle une information plus alarmante encore : le chef de l'État Bassirou Diomaye Faye a refusé de les recevoir en audience, empêchant toute présentation de solutions. Un cri d'alarme face à l'inaction Alors que l'imam et les deux femmes ayant participé à la dissimulation du meurtre sont toujours poursuivis dans le cadre de l'enquête en cours, l'ASSAMM lance un cri d'alarme. Le drame de Madina Wandifa n'est pas un fait isolé, mais le révélateur d'une tragédie silencieuse qui frappe des milliers de familles sénégalaises, abandonnées par un État qui refuse d'entendre la détresse des plus vulnérables.

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