WIRE — Malgré les rassemblements et les explications point par point du ministre de la Fonction publique, Mamadou Lamine Dianté, les syndicats ont décidé de maintenir leur mot d'ordre de grève générale ce vendredi 10 juillet. Retour sur les coulisses d'une ultime réunion de conciliation au cours de laquelle gouvernement et partenaires sociaux sont restés campés sur leurs positions. La vie économique du pays risque d'être fortement perturbée aujourd'hui. Les discussions entre le ministre de la Fonction publique et les représentants syndicaux n'ont pas permis d'aboutir à un compromis. Les syndicalistes ont maintenu leur décision de mettre en œuvre leur mouvement de grève générale. Selon les déclarations du ministre Mamadou Lamine Dianté, qui s'est adressé hier à l'opinion publique après sa rencontre avec les partenaires sociaux, ces derniers restent engagés dans une logique de confrontation. Face à la presse, le ministre est d'abord revenu sur les démarches entreprises par son département pour tenter de trouver une issue favorable à cette crise sociale. " Lorsque les responsables syndicaux ont annoncé une grève générale autour de quatre ou cinq points principaux pour le vendredi 10 juillet, nous avons reçu des instructions des plus hautes autorités du pays pour les rencontrer et déterminer leurs préoccupations ", a expliqué Mamadou Lamine Dianté. En approfondissant l'ordre du jour, le gouvernement a découvert deux nouvelles revendications liées aux projets de réforme du Code du travail et du Code de la sécurité sociale. L'Exécutif affirme avoir examiné les 28 points inscrits dans le préavis de grève, en apportant des réponses précises à chacun d'eux. " Sur la question particulière des licenciements, nous avons estimé qu'il fallait réunir les administrations des structures concernées. Cette réunion a été programmée ", a indiqué le ministre. CDD et Code du travail : un quiproquo selon le gouvernement Concernant le Code du travail et la question des contrats à durée déterminée (CDD), le ministre estime que les inquiétudes exprimées par les syndicats reposent sur une mauvaise interprétation des nouvelles dispositions. Mamadou Lamine Dianté a expliqué, documents à l'appui, les différences entre l'actuel Code du travail et le nouveau texte appelé à être soumis à l'Assemblée nationale. " Nous avons projeté à l'écran l'article du Code actuel et celui du nouveau Code qui doit être voté par l'Assemblée nationale. Après analyse, on se rend compte qu'il n'y a pas de différence. Dans l'ancien Code, le CDD est de deux ans, renouvelable une fois, ce qui fait quatre ans. Dans le nouveau texte, on précise simplement que la durée maximale d'un CDD est de quatre ans, renouvellement compris ", a-t-il déclaré. Selon lui, toutes les inquiétudes relatives aux contrats ont reçu des réponses claires. Le véritable point de divergence se situerait plutôt au niveau du code de la sécurité sociale, où les syndicats contestent notamment la suppression du collège des représentants. Sur cette question, le ministre a rappelé que cet organe n'est pas reconnu par le socle juridique de l'Institution de prévoyance retraite du Sénégal (Ipres). La bataille des chiffres sur les licenciements Le ministre a également abordé la question des licenciements, qui constitue l'un des principaux sujets de tension entre les syndicats et le gouvernement. Il affirme avoir auditionné les différentes parties concernées et avance un total de 351 licenciements réels, dont 224 concerneraient le Port autonome de Dakar. " Ce chiffre sera vérifié dossier par dossier au niveau de la Direction générale du travail et de la sécurité sociale pour s'assurer qu'il s'agit bien de licenciements ", a précisé Mamadou Lamine Dianté. Concernant le cas particulier du ministère des Mines, où 44 travailleurs ont été licenciés et dont la réintégration étant réclamée par les syndicats, le ministre s'est engagé personnellement à porter le dossier devant le Premier ministre pour arbitrage. La réunion de conciliation a également révélé certaines divergences dans le camp syndical sur les chiffres avancés concernant les suppressions d'emplois. Le ministre a cité notamment le cas du Fonds d'entretien routier autonome (Fera), où un syndicaliste avait évoqué près de 3 000 licenciements. Son collègue de table l'aurait immédiatement corrigé, précisant qu'il s'agissait plutôt de contrats arrivés à terme et non de licenciements. Après vérification et confrontation des arguments, le gouvernement affirme donc que les chiffres avancés par certains acteurs ne correspondent pas à la réalité des situations examinées. En conclusion, Mamadou Lamine Dianté a dégagé la responsabilité du gouvernement dans le blocage actuel. Dans une mise en garde à peine voilée, il a rappelé aux travailleurs du secteur public comme du secteur privé les risques légaux et financiers auxquels ils s'exposent en désertant leurs postes. Malgré ces arguments, les syndicats ont choisi de maintenir leur mouvement de grève, plongeant le pays dans une nouvelle journée de perturbations sociales.
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