WIRE — JUSTICE – PROCÈS DE JÉRÔME BANDIAKY Le parquet requiert cinq ans de prison ferme contre le "Sniper"   Le parquet a requis, hier, cinq ans de prison ferme et une amende de cinq millions de francs CFA contre Jérôme Bandiaky, alias " Sniper ", poursuivi notamment pour détention et trafic illicites d'armes. Devant le tribunal correctionnel de Dakar, l'ancien responsable de la société Sniper Sécurité a contesté l'essentiel des faits qui lui sont reprochés, reconnaissant uniquement une irrégularité administrative dans l'acquisition d'une arme. Le jugement est attendu le 22 juillet prochain.   L'audience était attendue depuis plusieurs mois. Devant le tribunal correctionnel de Dakar, Jérôme Bandiaky et son co-prévenu Sakory Ka, frère de l'ancien ministre Doudou Ka, ont répondu des faits qui leur sont reprochés dans un dossier ouvert depuis septembre 2024. Placé sous mandat de dépôt depuis le 25 septembre 2024, Jérôme Bandiaky est poursuivi pour détention d'armes sans autorisation administrative, trafic illicite d'armes, usurpation de fonctions publiques civiles ou militaires, escroquerie portant sur les avantages de l'État ainsi que pour des manœuvres susceptibles de compromettre la sécurité publique. Sakory Ka est, pour sa part, poursuivi notamment pour détention d'armes sans autorisation et trafic illicite d'armes. À la barre, Jérôme Bandiaky a rejeté l'ensemble des accusations portées contre lui. Se présentant comme responsable de la société Sniper Sécurité, il a expliqué que les armes saisies étaient destinées à ses activités de sécurité privée. Il a toutefois reconnu avoir acquis une arme avant l'obtention de l'autorisation administrative correspondante. " J'ai mis la charrue avant les bœufs ", a-t-il déclaré, qualifiant cette démarche d'" erreur administrative ". Concernant les passeports diplomatiques retrouvés lors des perquisitions, il a soutenu qu'ils lui avaient été remis lorsqu'il assurait la sécurité de l'ancien président Macky Sall puis de l'ancienne Première ministre Aminata Touré. Il a également nié les déclarations du témoin Ndiack Diop ainsi que tout lien avec Farba Ngom ou Amadou Sall. Son co-prévenu, Sakory Ka, a également rejeté les faits. Il a affirmé que toutes les armes retrouvées chez lui disposaient des autorisations requises et étaient destinées à ses activités de chasse. Il a en outre nié avoir vendu une arme à Jérôme Bandiaky, comme cela avait été évoqué au cours de l'enquête. Dans son réquisitoire, le ministère public a estimé que les infractions de détention et de trafic illicites d'armes étaient suffisamment établies contre Jérôme Bandiaky. Le procureur lui reproche également d'avoir bénéficié indûment d'avantages de l'État, notamment un logement et des passeports diplomatiques. En revanche, il a considéré que les faits relatifs aux manœuvres susceptibles de compromettre la sécurité publique n'étaient pas suffisamment caractérisés. Le parquet a ainsi requis cinq ans d'emprisonnement ferme assortis d'une amende de cinq millions de francs CFA contre Jérôme Bandiaky et trois ans de prison ferme ainsi qu'une amende de deux millions de francs CFA contre Sakory Ka. La défense plaide la relaxe Les conseils de Sakory Ka ont demandé sa relaxe, faisant valoir que les armes saisies étaient régulièrement autorisées et que le dossier ne permettait pas d'établir l'existence d'un trafic. Les avocats de Jérôme Bandiaky ont également sollicité sa relaxe. Ils ont soutenu que leur client faisait l'objet de poursuites injustifiées, dénonçant un dossier construit sur fond de considérations politiques et estimant que plusieurs accusations n'étaient pas étayées par des preuves suffisantes. À l'issue des débats, le tribunal a mis l'affaire en délibéré au 22 juillet 2026. Pour rappel, l'affaire trouve son origine dans l'interpellation de Jérôme Bandiaky par la Division des investigations criminelles (Dic), le 18 septembre 2024. Les perquisitions effectuées à Dakar puis à Grand-Mbour avaient conduit à la découverte de deux armes à feu, de munitions, d'équipements de sécurité, de plusieurs passeports diplomatiques établis à son nom ainsi que d'importantes sommes d'argent. L'information judiciaire ouverte à la suite de cette arrestation a progressivement été élargie, notamment après les déclarations d'un témoin évoquant l'existence d'autres armes et l'implication de plusieurs personnalités. Une partie de ces déclarations n'a toutefois pas été corroborée au cours de l'instruction. Le dossier avait également pris une dimension particulière en raison des interrogations récurrentes sur un possible lien avec l'enquête concernant la disparition des gendarmes Didier Badji et Fulbert Sambou en novembre 2022. Au cours de l'instruction, plusieurs noms avaient circulé, mais le procès ouvert devant le tribunal correctionnel porte exclusivement sur les infractions liées aux armes, aux avantages présumés indus et aux autres chefs de prévention retenus dans l'ordonnance de renvoi. Mamadou Diop Section:social

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