WIRE — MAMADOU DIOUF - DIRECTEUR CAEL " L'Acte 4 de la décentralisation est une réforme portée par les pôles territoires " Interrogé par le quotidien EnQuête, le Directeur de la cellule d'appui aux élus locaux (CAEL) et expert en décentralisation, Mamadou Diouf estime que l'Acte 4 de la décentralisation, porté par le ministre Moussa Bala Fofana, marque " une rupture significative " avec les réformes précédentes. Selon lui, la création de huit pôles territoires, la révision du Code des collectivités territoriales et l'ancrage dans la Vision 2050 en font une réforme inédite dans l'histoire du Sénégal. Le ministre Moussa Bala Fofana présente l'Acte 4 comme une " nouvelle ère " portée par les pôles territoires. Selon vous, en quoi cette réforme se distingue-t-elle réellement des précédentes (1972, 1996, 2013) ? L'Acte 4 se distingue des précédents par l'érection de huit pôles territoires, mais aussi par l'intégration de nouvelles orientations concernant les compétences transférées, les finances locales, la fonction publique locale et la correction des incohérences territoriales. L'ambition est d'adapter la gouvernance locale à la Vision 2050 et à la Stratégie nationale de développement (SND), avec un Code des collectivités territoriales révisé. Près de 47 % de la population vit sur 5 % du territoire (Dakar, Thiès, Diourbel). Pensez-vous que la création de pôles territoires suffira à inverser cette tendance ? Absolument ! L'aménagement du territoire occupe une place centrale dans l'Acte 4. Chaque pôle territoire sera chargé de planifier et de mettre en œuvre des projets adaptés aux potentialités de sa zone. Cela favorisera l'investissement, la création d'emplois et le maintien des jeunes dans leurs terroirs. Trois pôles pilotes (Nord, Centre, Sud) sont prévus dès cette année. Quels risques et opportunités voyez-vous dans cette expérimentation ? C'est une excellente démarche de tester avant généralisation. Les choix sont pertinents. Le Pôle Sud, déjà amorcé sous l'ancien régime, bénéficie aujourd'hui du Plan Diomaye pour la Casamance. Le Pôle Centre est hérité de la réflexion sur l'ancien bassin arachidier, avec des bases solides pour une mise en œuvre rapide. Le Pôle Nord, fort d'une longue tradition de décentralisation depuis 1972, a vu naître les premières expériences de participation citoyenne (conseils de quartiers, conseils de villages). Le président de l'AMS estime que la réussite passe par le renforcement du statut des élus locaux. Quelles garanties institutionnelles faudrait-il prévoir ? Le débat sur le statut de l'élu local est ancien. Dès 2004, l'Union des Association d'Elus Locaux (UAEL) avait produit un document de référence. Sous le président Abdoulaye Wade, des avancées ont été faites (dotation de véhicules, revalorisation des indemnités). Aujourd'hui, il est nécessaire d'aller vers une réforme globale qui garantisse le rôle, la légitimité et la protection de tous les élus, sans laisser personne en marge. Les collectivités se plaignent du retard des transferts financiers (Fonds d'équipement, Pacasen, ristournes minières). Comment l'Acte 4 peut-il assurer une autonomie réelle ? Le plaidoyer de l'UAEL sur cette question a récemment trouvé écho au ministère des Finances. L'Acte 4 prévoit une autonomie accrue grâce à l'augmentation des taux de transferts, la révision des mécanismes de répartition, le transfert de nouvelles taxes et impôts aux collectivités locales. Cela permettra une meilleure prévisibilité et une réelle autonomie financière Le ministre insiste sur une " gouvernance participative et performante ". Quels mécanismes concrets devraient l'accompagner ? La réforme prévoit l'institutionnalisation des conseils de quartier et de village et la généralisation du budget participatif. Le ministre Moussa Bala Fofana croit fermement en une gouvernance ouverte, où la participation citoyenne n'est pas un slogan mais une pratique ancrée dans les institutions locales. Quelles sont les conséquences de l'acte 4 sur les grandes villes, notamment la Ville de Dakar ? Pour les mairies de ville, l'acte 4 a prévu de les repositionner et de leur donner une place considérable dans le dispositif d'harmonisation du développement local. Quels défis pourraient compromettre la réussite de la réforme à court et moyen termes ? Et quelles conditions minimales doivent être réunies ? La dynamique est positive. Mais deux conditions sont essentielles. La première est liée à une solution durable et crédible au financement des collectivités ; et la deuxième est relative à un suivi rigoureux de la mise en œuvre pour éviter l'essoufflement. Si ces conditions sont réunies, l'Acte 4 pourra marquer une véritable rupture dans l'histoire de la décentralisation sénégalaise. KHALY SARR Section:politique
"We aggregate wires to encourage regional discovery, sending readers directly back to the original source to explore full coverage."
This is a normalized overview of the breaking feed event. The complete, official release detailing all points, background context, and statements remains hosted by the original publisher.