WIRE — En 1981, le juge Kéba MBAYE avait déclaré en s'adressant au Président DIOUF ceci :"Les sénégalais sont fatigués" et d'ajouter: " L'essentiel, c'est de sortir de cette situation avec dignité, en sauvegardant l'intégrité de notre territoire, l'indépendance de notre pays, les conquêtes démocratiques de notre peuple et l'intangibilité de notre Constitution. Cela ne peut être l'affaire d'un seul homme, ni même l'affaire d'un seul parti. C'est le devoir de tous les Sénégalais de faire preuve de maturité, pour garder notre pays de l'aventure, et assurer son développement harmonieux, selon notre propre formule de vie... Déterminons-nous à débusquer et à écarter sans complaisance, au besoin à punir sans faiblesse, ceux qui ruinent ce pays ou le desservent : les corrompus et les antinationaux, les roublards et les paresseux. Cultivons l'honnêteté et le courage au travail. Que chacun, au poste où il est, du ministre au planton, du chef d'entreprise au manœuvre, considère comme reposant sur ses seules épaules, le destin de la nation. Inventons un système qui ne récompensera désormais que la compétence, le travail et la probité". En 2000, le juge Youssoupha NDIAYE en s'adressant au Président WADE avait à son tour et à sa manière déclaré " les Sénégalais veulent cesser d'être des courageux affamés d'espoir. Ils souhaitent vivre dans la cohésion, la solidarité et la fraternité, dans le respect des valeurs de progrès et dans la primauté". En 2012, le juge Cheikh Tidiane DIAKHATE en s'adressant à son tour au Président SALL a déclaré " les progrès réalisés à plusieurs niveaux ne semblent pas avoir répondu à l'attente satisfactoire des Sénégalais... Il y'a tant de souffrance, et parfois tant de désespoir dans nos sociétés que l'urgence s'est pratiquement installée partout". En 2024, le juge Mamadou Badio CAMARA en s'adressant au Président Bassirou Diomaye Diakhar FAYE s'était exprimé ainsi : " À l'heure où surgiront les inévitables tentations du pouvoir, l'ivresse de la puissance, les démons de la division, il faudra se souvenir de la main de Dieu, dont la volonté domine et détermine inéluctablement les moments que nous vivons. " Chaque Président de la république du Sénégal avait reçu lors de son investiture la leçon qu'il devait murmurer dans son très fond intérieur à chaque fois qu'ils devaient prendre une décision. Et chaque sage parlait comme s'il savait ce qui allait se passer dans cette magistrature. Aujourd'hui, face à l'histoire, les démons de la division semblent prendre le dessus. Entre la légitimité populaire et la Légalité constitutionnelle, chacune essaie de se tailler une place sur le mérite tout en écartant l'autre alors que le peuple a le dernier mot. Nous ne devons pas accepter la déformation de l'histoire. L'histoire est fraîche et nous ne sommes pas amnésiques. Chacun peut nourrir ses intentions à changer de cape, à aller conquérir mais restons dans la vérité de l'histoire. Le mensonge, les affabulations, la falsification de l'histoire, la confiscation de la victoire du peuple, le reniement des promesses électorales, la manipulation, les pseudos journalistes ou chroniqueurs sans connaissance, un forum qui se dit civil mais…, s'opposant non pas à un système mais plutôt à la légitimité populaire. Des postures différentes dans une démocratie, c'est compréhensible mais tout en restant véridique, avec beaucoup d'éthique. Et la vraie histoire est que le peuple à travers la légitimité populaire, s'était battu pour arriver pas seulement à l'élection d'une personne à travers la légalité constitutionnelle, mais plutôt à la mise en évidence de ses aspirations, à la satisfaction de ses besoins économique, sanitaire et sécuritaire. Et ceux qui falsifient l'histoire aujourd'hui n'étaient avec la légitimité populaire que par opportunisme. Les masques tombent, ils s'affirment parce qu'ils sont à découvert tout en justifiant leurs mensonges par ce que " moi l'Etat je suis le peuple ". Il me semble évident, que la leçon de notre premier sage, qui a eu à se répéter en 2006 dans une leçon inaugurale est plus que d'actualité. " Les Sénégalais sont fatigués et même plus que fatigués". Face aux défis de développement économique, sécuritaire, sanitaire… pourquoi devons-nous toujours tomber dans le traquenard de nos politiques? La Nation Sénégalaise est une et indivisible et son développement ne peut se faire que dans l'union et l'unisson des forces pour atteindre nos objectifs. La séparation et la division ne font qu'affaiblir et amoindrir ce qu'elles divisent ou séparent. L'échec des lions à la coupe du monde doit nous enseigner qu'aucune victoire ne peut arriver si nous restons divisés. Chacun de son côté essaie de tirer les ficelles, interprète les textes à son profil et intérêt, le langage est devenu vulgaire, la connaissance a fui les débats, ceux sont les slogans, les invectives, des insultes déguisés, les " cas "… qui dominent l'actualité désormais. Rares sont les plateaux où le débat est orienté vers des connaissances, mais plutôt la majeur partie des débats tourne autour des questions d'ordre personnel, de mœurs… Le peuple a toujours le dernier mot et à travers les joutes électorales. Il ne s'est jamais trompé mais souvent c'est ceux qui ont demandé que le peuple les choisit qui le trompent. Il va communiquer sa volonté comme il l'a toujours si bien fait. Il a cette maturité d'agir en temps venu. Que DIEU bénisse le SENEGAL! IBRAHIMA DERVICHE JURISTE DE FORMATION. www.dakaractu.com

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