WIRE — FRONT SYNDICAL POUR LA DÉFENSE DU TRAVAIL Le FSDT maintient la pression avec une grève générale le 10 juillet Malgré l'ouverture d'un dialogue avec le gouvernement, le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) maintient son appel à une grève générale de 24 heures prévue le vendredi 10 juillet. Les centrales syndicales dénoncent le non-respect du Pacte national de stabilité sociale, contestent les projets de réforme du Code du travail et du Code de la sécurité sociale et réclament notamment la réintégration de centaines de travailleurs licenciés. À trois jours de l'échéance, les négociations se poursuivent, mais le bras de fer reste entier. Le compte à rebours est lancé. Sauf revirement de dernière minute, plusieurs secteurs d'activité pourraient être fortement perturbés vendredi 10 juillet. Réunies en assemblée générale le 3 juillet à la Bourse du travail de la CNTS Ker Madia, les organisations regroupées au sein du Front syndical pour la défense du travail (FSDT) ont confirmé un mot d'ordre de grève générale de vingt-quatre heures, de 00 heure à 23 h 59, sur toute l'étendue du territoire national. Le mouvement intervient après plusieurs mois de tensions entre les organisations syndicales et les autorités. Pour le FSDT, le gouvernement n'a pas respecté les engagements pris dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale et de croissance inclusive. Les syndicats dénoncent également une dégradation du dialogue social et accusent les pouvoirs publics d'avoir privilégié " le passage en force plutôt que la concertation " dans la conduite des réformes sociales. Le principal point de crispation porte sur les projets de réforme du Code du travail et du Code de la sécurité sociale. Les centrales syndicales estiment que les versions transmises à l'Assemblée nationale ne correspondent pas aux conclusions des concertations menées avec les partenaires sociaux. Selon elles, les textes ont été examinés par la Commission des lois sans qu'une nouvelle concertation ne soit organisée sur leur version définitive. Une démarche que le Front syndical considère comme une remise en cause du dialogue social. Lors de l'assemblée générale, les responsables syndicaux ont rejeté ce qu'ils qualifient de " dispositions régressives ", estimant qu'elles risquent d'affaiblir des droits acquis après plusieurs décennies de luttes syndicales. Ils demandent ainsi la suspension de la procédure parlementaire afin qu'un nouveau cadre de concertation réunissant l'État, les employeurs et les syndicats puisse être mis en place. Au-delà de la réforme des codes sociaux, le Front syndical place la question de l'emploi au centre de ses revendications. Il dénonce les licenciements de 911 travailleurs dans les secteurs public et parapublic, qu'il juge abusifs, et réclame leur réintégration. Les organisations syndicales demandent également la généralisation de l'indemnité de logement aux agents contractuels de la santé, aux personnels techniques et administratifs des universités ainsi qu'aux travailleurs du secteur parapublic. À cela s'ajoutent le respect des libertés syndicales, la sauvegarde des emplois, le renforcement de la protection sociale ainsi que l'application effective des engagements contenus dans le Pacte national de stabilité sociale. Dans la résolution adoptée à Dakar, le Front syndical appelle les travailleurs de tous les secteurs ainsi que les citoyens " attachés à la justice sociale " à participer massivement à la journée de grève. L'affiche officielle du mouvement insiste sur quatre principaux mots d'ordre : la lutte contre les licenciements abusifs, le refus de toute remise en cause des acquis sociaux, le rejet des nouvelles dispositions du Code du travail et du Code de la sécurité sociale ainsi que le respect du Pacte social et du dialogue social. Les syndicats préviennent que la mobilisation se poursuivra tant que leurs revendications ne connaîtront pas d'avancées significatives. Face au risque de paralysie, le gouvernement a engagé une médiation de dernière minute. Le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, a reçu lundi les responsables du Front syndical afin de relancer les discussions. À l'issue de cette rencontre, les deux parties sont convenues de poursuivre les échanges, notamment sur la question sensible des licenciements dans les ministères et le secteur parapublic. Le ministre a invité les syndicats à différer leur mot d'ordre afin de donner une chance aux négociations, tandis qu'un mécanisme de suivi des engagements de l'État a été annoncé. Pour l'heure, toutefois, le FSDT n'a pas levé son préavis. Sauf accord obtenu au terme des discussions prévues avant vendredi, le Sénégal pourrait connaître, le 10 juillet, l'une des plus importantes journées de mobilisation syndicale de ces derniers mois. FATOU BA Section:social
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