WIRE — La cour d'appel de Paris a rendu ce mardi son verdict dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national (devenu Rassemblement national). Si la culpabilité de Marine Le Pen pour détournement de fonds publics et complicité a été confirmée, la décision modifie considérablement sa situation politique. L'ancienne candidate à l'élection présidentielle a été condamnée à trois ans de prison, dont deux ans avec sursis et un an ferme aménageable sous surveillance électronique. Elle écope également de 45 mois d'inéligibilité, mais 30 mois sont assortis du sursis. En pratique, la peine d'inéligibilité ferme est donc limitée à 15 mois, une durée déjà couverte par l'exécution provisoire de la condamnation prononcée en première instance. Conséquence majeure : Marine Le Pen demeure juridiquement éligible et peut donc prétendre à une candidature à l'élection présidentielle de 2027. Une culpabilité confirmée La cour a confirmé les conclusions du premier jugement concernant le système d'emplois fictifs d'assistants parlementaires européens. Selon la présidente de la cour, Michèle Agi, les faits ont porté atteinte aux institutions européennes et créé une rupture d'égalité entre les formations politiques. " Les faits se sont déroulés pendant plus de onze années " et constituent des " manœuvres " graves, a notamment souligné la magistrate. Une défense qui a évolué Contrairement à la première instance, où la défense contestait essentiellement l'existence même de l'infraction, Marine Le Pen a adopté une stratégie différente en appel. Elle a admis la possibilité d'avoir commis des irrégularités sans intention délictueuse, invoquant notamment l'absence d'alerte préalable du Parlement européen. Quel avenir politique ? Si l'obstacle juridique de l'inéligibilité semble désormais levé, une autre question demeure : celle de l'impact politique de cette condamnation. Marine Le Pen avait déclaré à plusieurs reprises ces derniers mois qu'elle ne souhaitait pas mener une campagne présidentielle tout en portant un bracelet électronique. Réaction de Marine Le Pen Son intervention annoncée au journal de 20 heures de TF1 était donc très attendue pour clarifier ses intentions et sa stratégie pour les prochaines échéances électorales. Le RN également sanctionné Le Rassemblement national a lui aussi été condamné. Le parti devra s'acquitter d'une amende de 2 millions d'euros, dont une partie avec sursis, ainsi que d'une confiscation d'un million d'euros. Plusieurs responsables du mouvement, dont Louis Aliot, Bruno Gollnisch, Nicolas Bay ou encore Wallerand de Saint-Just, ont également été condamnés à diverses peines de prison avec sursis, amendes ou périodes d'inéligibilité assorties du sursis. Cette décision marque un tournant judiciaire important pour le RN, mais elle ne ferme pas la porte à une nouvelle candidature de Marine Le Pen à la magistrature suprême.

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