WIRE — GESTION DE LA TANIÈRE Le haut niveau est exigeant La débâcle des Lions à la Coupe du monde déchaîne les débats. Au-delà des manquements des uns et des autres, il est pertinent d'interroger les pratiques, notamment dans les équipes qui ont réussi à garder jusque-là le cap dans cette compétition, comme le Maroc, qui a les mêmes ambitions que le Sénégal. En se rendant à la Coupe du monde, le Sénégal nourrissait l'ambition de devenir, au Mexique, Canada, États-Unis, la première nation africaine à remporter le trophée de la Coupe du monde de football. Cet objectif n'a pas été atteint. Les Lions ont été éliminés par la Belgique (3-2 a.p) en seizièmes de finale. Selon le quotidien sportif ''Record'', la Fédération sénégalaise de football (FSF) a tenu à Seattle une réunion de crise, dans les heures qui ont suivi la défaite, afin d'analyser le parcours des Lions. Il semblerait que pour de nombreux fédéraux, le principal responsable de cet échec soit le sélectionneur national, Pape Thiaw, qui a failli dans ses choix tactiques et son coaching. Pour l'instant, la FSF n'a fait aucune communication dans ce sens. Mais, ce serait une fuite en avant de vouloir faire endosser à l'entraîneur l'entière responsabilité de cet échec. Avant de tirer des conclusions, il serait plus judicieux de se demander si toutes les parties ont bien rempli leur devoir, car le haut niveau a ses exigences. Le coach a fauté, certes, mais certains analystes s'interrogent sur les moyens dont il disposait pour réussir sa mission. Pour eux, Pape Thiaw ne semblait pas suffisamment épaulé sur le banc. Pour rappel, l'ancien attaquant des Lions dispose d'un staff de quatre membres. Il s'agit de ses deux adjoints, Teddy Pellerin et Lamine Diagne, de l'entraîneur des gardiens, Tony Sylva, et du préparateur physique, Hussein Bichara Farhat. C'est à l'approche du Mondial qu'il lui a été affecté un nouvel analyste vidéo, El Hadji Abdoulaye Seck, et Cheikhou Kouyaté en tant que facilitateur du vestiaire. Dans le même temps, le Maroc, qui entretient le même rêve que le Sénégal, a mis à la disposition de son entraîneur un staff d'une douzaine d'hommes. Mohamed Ouahbi dispose de deux entraîneurs adjoints, Youssouf Hadji et Joao Sacramento, et d'un entraîneur assistant analyste, Abdelhak El Fadil. Le staff technique marocain comprend deux entraîneurs des gardiens, Omar Harrak et Hicham El Idrissi, et trois préparateurs physiques, Ismael Fernández, Eduardo Domínguez et Salah Ghaidi. L'entraîneur des Lions de l'Atlas s'appuie également sur une équipe de quatre analystes vidéo, dirigée par l'analyste en chef, Harrison Kingston, et trois collaborateurs, Moussa El Habchi, Ayman Makroud et Ismaïl Taoussi. Pas de résultat sans moyens Le Royaume chérifien a mis son équipe dans de bonnes conditions de performance. Comme le Sénégal, les Lions de l'Atlas ont installé leur camp de base principal à la Pingry School à Basking Ridge, dans le New Jersey. Leur quartier général est situé à quelques minutes du stade de leur premier match contre le Brésil (1-1). Ce qui permet à la sélection marocaine de réduire considérablement les longs déplacements pour maximiser son temps de récupération. Rénové en 2025, ce site répond aux exigences du plus haut niveau, avec deux terrains en gazon aux normes internationales et des équipements modernisés. Au-delà de l'aspect logistique, le choix du New Jersey a une dimension symbolique puisque l'État abrite l'une des plus importantes communautés d'origine marocaine des États-Unis. Les finalistes de la dernière CAN ont démarré leur préparation chez eux où ils ont disputé deux matchs amicaux, remportés face au Burundi (5-0), le 26 mai, et Madagascar (4-0), le 2 juin. Puis, ils ont bouclé leur préparation aux États-Unis, au Red Bull Arena Stadium de New York, où ils ont fait un nul solide, le 7 juin, face à la Norvège (1-1), futur adversaire et bourreau du Sénégal. Les Lions ont eux rallié très tôt les États-Unis en s'installant d'abord à Charlotte, dès le 27 mai. Ils ont joué et perdu face aux États-Unis (3-2), le 31 mai, avant de rejoindre San Antonio, le 7 juin, où ils ont livré leur dernier match amical contre l'Arabie Saoudite (0-0). Les champions d'Afrique en titre ont ensuite rejoint leur camp de base au New Jersey, le 12 juin. Contrairement au Sénégal, le Maroc semble n'avoir pas connu de perturbation dans son camp de base. Les dirigeants marocains ont certainement pris toutes les dispositions pour éviter ces désagréments dans leur tanière. La trajectoire des deux sélections rappelle froidement une réalité, celle de toujours se donner les moyens de ses ambitions. "Certaines défaites laissent un goût amer. D'autres rappellent simplement l'exigence du très haut niveau", a rappelé Mady Touré dans son poste sur ses réseaux après l'élimination des Lions. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- RETOUR CHAOTIQUE DES LIONS C'est quoi le problème ? Le calvaire de l'équipe nationale à Seattle se poursuit au-delà du terrain. Après l'élimination amère par la Belgique en 16es de finale, les Lions doivent encore subir les errements de la gestion logistique des dirigeants. Le vol spécial prévu initialement dans la nuit du samedi au dimanche, à 2 h du matin (heure locale), pour le rapatriement de la délégation sénégalaise n'a finalement pas décollé. La raison, une annulation à la dernière minute faute de pouvoir affréter un appareil. Selon les informations de la RTS, les joueurs et les autres membres de la délégation s'apprêtaient à quitter leur hôtel. Leurs bagages ayant été chargés dans deux camions. Mais le bus censé les conduire à l'aéroport n'a jamais vu l'ombre d'un membre de la délégation. Depuis lors, aucune information sur le départ de l'équipe. Cette situation serait causée, d'après DSports, par un désaccord entre le ministère des Sports et la Fédérations sénégalaise de football. A en croire le site sportif, c'est l'Etat qui aurait décidé de l'annulation du vol. Selon DSports, qui rapporte les propos d'une de ses sources, ''le ministère, en tant que structure étatique, n'a pas pris ses responsabilités comme il l'avait fait lors de la CAN. C'est lié au changement intervenu dans ce département''. On parle de ''relations de plus en plus compliquées'' entre la tutelle et les fédéraux. Pendant ce temps, certains joueurs ont déjà quitté la Tanière depuis les premières heures qui ont suivi l'élimination. Il s'agit de Pape Alassane Gueye, Édouard Mendy, Mory Diaw et Ismail Jakobs. De même que Krépin Diatta, Yehvann Diouf, Idrissa Gana Gueye et Kalidou Koulibaly qui sont rentrés. En attendant que la FSF puisse décanter la situation, le reste de la délégation est obligé de passer une nuit supplémentaire à Seattle. LOUIS GEORGES DIATTA Section:profondeur
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