WIRE — Interrogée sur les critiques formulées par le leader de Pastef, Ousmane Sonko, qui a qualifié la création du futur parti présidentiel de " distraction politique ", Aminata Touré, coordinatrice de la Task force en charge de sa mise en place, adopte une position de fermeté. Face à cette sortie, Aminata Touré choisit de prendre ses distances avec la polémique. " Je ne commente pas, pas de commentaire ", tranche-t-elle, estimant que les débats politiques doivent être replacés dans leur cadre institutionnel et stratégique, plutôt que dans une logique de surenchère verbale entre acteurs. Aminata Touré défend l'idée selon laquelle la consolidation d'un appareil politique autour du chef de l'État répond à une nécessité de stabilité et d'efficacité de l'action publique. Aminata Touré va plus loin en contestant implicitement la pertinence des critiques formulées par le leader de Pastef : " La liste Pastef a eu 1 991 770 voix sur un électorat de 7 371 890. Ces 130 députés sont élus par 27 % de l'électorat. Et ils veulent décider seuls de l'avenir de notre démocratie pour des raisons que je considère comme pouvoiristes. " " Allons au référendum demander aux Sénégalais leur avis, s'ils veulent partager leur système stable pour des préoccupations pouvoiristes individuelles ", affirme-t-elle, en appelant à une consultation directe des citoyens sur les réformes en cours. Sur le fond, la responsable de la Task force considère que la création du futur parti s'inscrit dans un processus de rationalisation du paysage politique, et non dans une logique de fragmentation. Elle estime que le projet permettra d'intégrer plusieurs entités politiques existantes afin de réduire le morcellement partisan. " Le futur parti absorbera de nombreuses entités politiques et cela contribuera à rationaliser le nombre de partis ", soutient-elle, en défendant une logique de regroupement autour de grands blocs politiques. Aminata Touré rejette les accusations selon lesquelles ce projet pourrait affaiblir le président Bassirou Diomaye Faye ou créer des tensions durables au sein de la coalition au pouvoir. Elle assume une lecture offensive de la situation politique et conclut sur une formule de rupture : " Les chiens aboient, la caravane passe. "
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