WIRE — Les États généraux consacrés à la mise en œuvre du Programme Kandadji se sont achevés, vendredi 10 juillet 2026 à Niamey, avec une orientation claire : sortir le projet de l'enlisement et engager une nouvelle phase fondée sur des choix de financement plus maîtrisés, une exécution accélérée et un suivi rigoureux. Présidant la cérémonie de clôture, le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a replacé Kandadji au rang des priorités stratégiques de l'État. Après trois jours de travaux réunissant autorités publiques, experts, partenaires techniques et financiers, responsables locaux, représentants coutumiers et communautés concernées, les participants ont dressé un diagnostic critique d'un projet vieux de plusieurs décennies, dont les travaux de génie civil n'affichent qu'un taux d'avancement de 30,5 % et restent confrontés à de multiples blocages.Parmi les principales recommandations figure une profonde révision du modèle de financement. Les participants proposent soit de réduire fortement le nombre de partenaires extérieurs, actuellement au nombre de onze, en mobilisant davantage de ressources nationales, soit d'envisager une prise en charge plus autonome du barrage et du processus de réinstallation. Le recours au génie militaire pour accélérer la construction des infrastructures destinées aux populations déplacées a également été recommandé, de même que l'actualisation du coût du plan de réinstallation et l'accélération du transfert de la ville d'Ayorou. Au-delà des difficultés techniques et financières, le Premier ministre a insisté sur la véritable dimension stratégique de Kandadji. L'ouvrage ne se résume pas à la production d'électricité : sa fonction première demeure la maîtrise de l'eau, la préservation des écosystèmes, le développement de l'irrigation et le renforcement de la sécurité alimentaire. Le projet doit notamment contribuer à garantir un débit d'étiage constant du fleuve Niger, soutenir plusieurs cycles de production agricole et créer de nouvelles perspectives économiques pour les populations. Après avoir rappelé les nombreuses étapes, relances et difficultés qui ont marqué l'histoire du projet, le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a engagé le gouvernement à traduire rapidement les recommandations en décisions opérationnelles. Un mécanisme de suivi rigoureux doit accompagner cette nouvelle phase. Après près de soixante ans d'attente, Kandadji entre ainsi dans un moment décisif. La réussite du projet dépendra désormais moins des nouvelles déclarations d'intention que de la capacité de l'État à mobiliser les financements, régler la question sensible des réinstallations et assurer une exécution continue des travaux. Pour le Niger, l'enjeu est considérable : faire enfin de Kandadji un instrument de souveraineté hydrique, de sécurité alimentaire et de développement économique. Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)
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