WIRE — © Haye C'est une étape judiciaire décisive qui s'est ouverte ce lundi 20 juillet à La Haye. Le ministre d'État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux de la République démocratique du Congo, Guillaume Ngefa, a conduit la délégation congolaise à une réunion procédurale devant la Cour internationale de Justice (CIJ), dans le cadre du différend historique opposant Kinshasa à Kigali. Une requête introductive d'instance déposée le 26 juin dernier accuse le Rwanda de violations graves du droit international, ouvrant un front judiciaire inédit face à l'agression rwandaise dans l'Est du pays. L'atmosphère était solennelle au siège de la Cour internationale de Justice, ce lundi. La délégation congolaise, menée par le ministre Guillaume Ngefa – également co-agent de la RDC auprès de la CIJ –, a pris place en présence du Président de la Cour et des membres du Greffe. Face à elle, la délégation rwandaise, conduite par son ministre de la Justice. Une réunion exclusivement procédurale Conformément au Règlement de la Cour, cette rencontre préliminaire a été consacrée exclusivement aux aspects procéduraux. Aucun débat sur le fond du différend n'a été engagé. Les échanges ont porté sur : Le calendrier de dépôt des mémoires et des autres écritures des deux parties ; Les modalités pratiques du déroulement de l'instance judiciaire ; Les aspects organisationnels liés à la bonne administration de la justice. " En ma qualité de ministre de la Justice et garde des Sceaux de la République démocratique du Congo, et de co-agent de la RDC auprès de la Cour internationale de Justice, j'ai conduit la délégation congolaise à la réunion des parties au différend introduit par la RDC contre le Rwanda ", a déclaré Guillaume Ngefa. Un front judiciaire pour briser l'impunité La requête introductive d'instance, déposée le 26 juin 2026, constitue l'acte fondateur de cette offensive judiciaire. Par cette procédure, Kinshasa demande à la CIJ de constater la responsabilité internationale du Rwanda pour violations de plusieurs conventions internationales : La Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (1948) ; La Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale (1965) ; La Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (1979) ; La Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (1984). Selon le gouvernement congolais, les forces armées rwandaises (APR/RDF) et les groupes armés soutenus, dirigés ou contrôlés par Kigali – dont l'AFDL, le RCD, le CNDP et le M23/AFC – auraient mené des opérations militaires illicites sur le territoire congolais, provoquant des pertes en vies humaines considérables, des déplacements massifs et des souffrances d'une ampleur exceptionnelle. Un engagement présidentiel pour la justice internationale Cette démarche s'inscrit dans la stratégie globale définie par le Président Félix Tshisekedi, qui a engagé le gouvernement à renforcer le front judiciaire international pour : Obtenir réparation pour les préjudices subis par la RDC et ses populations ; Poursuivre les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité ; Documenter systématiquement le pillage des ressources naturelles congolaises. Prochaines étapes : Une ordonnance de la Cour À l'issue de cette réunion, la Cour internationale de Justice rendra une ordonnance fixant les prochaines échéances procédurales et le calendrier judiciaire. La RDC, par la voix de son ministre de la Justice, a réaffirmé sa détermination à défendre ses droits devant la plus haute juridiction des Nations unies. " Le gouvernement de la République démocratique du Congo demeure pleinement engagé dans la défense de ses droits ", a martelé Guillaume Ngefa. La bataille judiciaire est engagée. Elle s'annonce longue, technique, mais porteuse d'espoir pour des millions de Congolais de l'Est qui attendent justice. À La Haye, comme à Kinshasa, on retient son souffle. Le droit, une fois de plus, pourrait offrir ce que la diplomatie n'a pas encore réussi à obtenir : la reconnaissance des crimes et la réparation des préjudices.

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