WIRE — © Media CongoLa République démocratique du Congo veut tourner une page de son histoire statistique. Alors que l'insécurité continue de bouleverser une partie de l'Est du pays, le gouvernement refuse de laisser des millions de Congolais en marge du deuxième Recensement général de la population et de l'habitat (RGPH-2). Face aux sénateurs puis aux députés nationaux, jeudi 16 juillet, le ministre du Plan, Guylain Nyembo, a dévoilé une stratégie qui mise sur les nouvelles technologies pour relever ce défi. Satellites, cartographie numérique et intelligence démographique seront mis à contribution afin de produire des données fiables, y compris dans les territoires où les équipes de terrain ne peuvent pas circuler librement. Des satellites pour compter les Congolais jusque dans les zones sous occupation Interpellé sur la faisabilité du recensement dans les territoires affectés par les combats et l'occupation du M23, Guylain Nyembo s'est voulu rassurant. Selon lui, aucune province ne sera écartée de cette vaste opération nationale. Le ministre a expliqué que le gouvernement adoptera une approche hybride. Dans les zones sécurisées, les agents recenseurs travailleront selon les méthodes classiques. En revanche, dans les régions où persistent des poches d'insécurité, les autorités s'appuieront sur l'intelligence informatique et l'imagerie satellitaire afin d'obtenir des données aussi précises que possible. Cette méthode, qualifiée d'" intelligence démographique ", permettra de compléter les informations recueillies sur le terrain grâce à des technologies déjà utilisées dans plusieurs pays confrontés à des conflits, notamment l'Irak et l'Afghanistan. Une cartographie numérique au cœur du projet Pour le ministre du Plan, la réussite du RGPH-2 repose avant tout sur la cartographie censitaire actuellement en cours de réalisation. Cette étape doit permettre de disposer d'une représentation actualisée du territoire national et d'identifier avec précision les ménages, y compris dans les zones difficiles d'accès. Les informations collectées serviront ensuite de base aux opérations d'identification menées par l'Office national d'identification de la population (ONIP). L'objectif est de bâtir une base de données moderne et fiable, indispensable pour accompagner les politiques publiques et améliorer la connaissance de la population congolaise. Un investissement de 192 millions de dollars pour préparer l'avenir Au-delà de son aspect statistique, le gouvernement présente ce recensement comme un levier stratégique pour le développement de la RDC. Les données qui seront collectées permettront d'orienter les décisions publiques dans des secteurs essentiels tels que la santé, l'éducation, les infrastructures ou encore l'aménagement du territoire. Sur le plan financier, Kinshasa a déjà mobilisé une première enveloppe nationale de 30 millions de dollars sur un budget global estimé à 192 millions de dollars, avec l'appui attendu des partenaires techniques et financiers. En parallèle, plus de 15 000 agents recenseurs sont en cours de recrutement à travers le pays. Après leur formation, ils seront progressivement déployés sur l'ensemble du territoire national. Au-delà du comptage de la population, le RGPH-2 ambitionne également de renforcer durablement les capacités de la RDC dans les domaines de la statistique, de la cartographie et des technologies numériques, avec l'espoir de disposer enfin d'un portrait démographique fiable pour mieux planifier le développement du pays.
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