WIRE — © Actu30.cdLa crise qui secoue le secteur de la santé en République démocratique du Congo est loin de connaître son épilogue. Malgré plusieurs rencontres entre les représentants syndicaux et le gouvernement, le Syndicat des médecins du Congo (SYMECO) a décidé de maintenir son mouvement de grève dans les structures sanitaires publiques, estimant que les engagements pris par les autorités restent insuffisants pour répondre aux attentes des médecins. Dans une déclaration rendue publique ce lundi 13 juillet 2026, le syndicat affirme que les négociations engagées ces dernières semaines n'ont pas permis de restaurer la confiance entre les deux parties, laissant planer l'incertitude sur la reprise normale des activités dans les établissements de santé publics. Le SYMECO dénonce des réponses insuffisantes du gouvernement Pour les responsables du SYMECO, les réunions organisées le 23 juin au ministère des Finances puis le 7 juillet au ministère de la Santé publique n'ont pas apporté de solutions concrètes aux principales revendications des médecins. Le syndicat continue notamment de réclamer l'intégration de la totalité de la paie complémentaire dans les rémunérations du troisième trimestre 2026, le paiement des arriérés de salaires, la reprise de l'alignement à la prime de risque professionnel ainsi que la mécanisation et la régularisation administrative des médecins encore en attente. À l'issue des assemblées générales d'évaluation organisées les 10 et 11 juillet, les membres du SYMECO ont voté la poursuite de la grève, invoquant une crise de confiance persistante avec les autorités. Tout en réaffirmant son attachement au dialogue social, le syndicat invite le gouvernement à ouvrir des discussions directes et transparentes avec l'ensemble des quatre syndicats représentant les médecins afin de parvenir à un accord durable. Le SYMECO appelle également ses membres à rester mobilisés dans le respect des lois de la République et sollicite le soutien de la population dans ce qu'il présente comme une lutte pour de meilleures conditions de travail et une amélioration du système de santé publique. Le gouvernement assure avoir déjà pris plusieurs engagements Face à la poursuite de la grève, le gouvernement affirme avoir enregistré des avancées importantes sur plusieurs dossiers prioritaires. Lors de la 94ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le 10 juillet 2026 sous la présidence du chef de l'État Félix Tshisekedi, une note présentée au nom du ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, actuellement en mission à Bunia, a dressé un état d'avancement des engagements pris envers les médecins. C'est le ministre de la Pêche et de l'Élevage, Jean-Pierre Tshimanga Bwana, qui en a assuré la présentation. Selon le compte rendu du Conseil des ministres, l'exécutif s'est engagé à intégrer la totalité de la paie complémentaire dans l'état liquidatif à partir du troisième trimestre 2026, à procéder à l'alignement de 200 médecins et à faire du secteur de la santé une priorité dans les opérations de mécanisation conduites par la Fonction publique. Le gouvernement prévoit également d'accélérer le traitement des dossiers administratifs concernant les médecins relevant des régimes particuliers, notamment ceux de la Police nationale congolaise (PNC), des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de l'Enseignement supérieur et universitaire (ESU). Il entend aussi poursuivre l'assainissement du fichier de la paie afin de garantir une gestion plus transparente des rémunérations. Un bras de fer qui se poursuit Malgré ces annonces, le SYMECO estime que les promesses gouvernementales ne suffisent plus et réclame désormais des actes concrets. Tant que les mesures attendues ne seront pas effectivement mises en œuvre, le mouvement de grève devrait se poursuivre dans plusieurs établissements sanitaires publics du pays. Ce nouveau bras de fer entre les médecins et le gouvernement intervient dans un contexte où le système de santé congolais fait déjà face à d'importants défis. Une issue rapide aux négociations apparaît donc essentielle pour éviter que cette crise sociale ne se répercute davantage sur la prise en charge des patients à travers le pays.
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