WIRE — © RFIAprès une première audience consacrée à l'identification des prévenus, la Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo ouvre, ce jeudi 9 juillet 2026, un nouveau chapitre d'un procès qui retient l'attention du pays. Face aux juges comparaissent plusieurs figures de l'ancienne hiérarchie militaire congolaise, parmi lesquelles les généraux d'armée Christian Tshiwewe Songesa, ancien chef d'état-major général des FARDC et ancien conseiller militaire du président Félix Tshisekedi, ainsi que John Numbi Banza Ntambo, ancien inspecteur général des FARDC, actuellement en fuite. Ils sont poursuivis aux côtés de plusieurs officiers supérieurs et de Pascal Nyembo Muyumba, ancien directeur général du CEEC. Au cœur de cette audience, les magistrats militaires examineront les mémoires uniques déposés par les avocats de la défense, une étape procédurale qui pourrait influencer la suite des débats avant même l'examen du fond du dossier. Complot, trahison et terrorisme : des accusations d'une extrême gravité L'acte d'accusation dressé par l'auditeur général des FARDC est particulièrement lourd. Les prévenus doivent répondre de chefs d'accusation parmi les plus graves du droit pénal militaire : complot, trahison, apologie du terrorisme, propagation de faux bruits, violation des consignes, désertion à l'étranger, détention illégale d'armes et de munitions de guerre ainsi qu'incitation de militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline. Ces poursuites interviennent dans un contexte de fortes tensions sécuritaires, alors que la RDC fait toujours face à la guerre dans l'Est du pays, où les autorités accusent le Rwanda de soutenir la rébellion de l'AFC/M23. Les dossiers impliquant des officiers généraux sont désormais suivis avec une attention particulière, les autorités affichant leur volonté de sanctionner tout acte susceptible de porter atteinte à la sécurité de l'État. La défense dénonce les arrestations et prépare sa riposte Pour les avocats des prévenus, cette audience marque le véritable début de la bataille judiciaire. À travers leurs mémoires uniques, ils entendent contester la régularité des procédures engagées contre leurs clients. Les conseils devraient notamment dénoncer les circonstances des arrestations et les conditions de détention de plusieurs accusés. Des demandes de liberté provisoire ou de comparution en homme libre pourraient également être soumises à la Haute Cour. " Lorsqu'un prévenu dépose un mémoire unique, il devient demandeur par incident. C'est désormais à l'accusation de répondre aux moyens que nous soulevons ", avait expliqué Me Papy Niango Iziamay Munshemvula à l'issue de la précédente audience. Même détermination du côté de Me Parfait Kanyanga, avocat du général Christian Tshiwewe, qui assure que la défense est prête à faire valoir l'ensemble de ses arguments avant que le procès n'aborde le fond de l'affaire. Des absents toujours recherchés par la justice militaire Si plusieurs prévenus étaient présents lors de l'ouverture des débats, trois d'entre eux demeurent introuvables. Il s'agit du général d'armée John Numbi, de l'ancien directeur général du CEEC Pascal Nyembo Muyumba et du colonel Tshinabo Kenge Christophe. Considérés comme étant en fuite, ils font l'objet d'une procédure par défaut, conformément aux dispositions des articles 326 et 327 du Code judiciaire militaire, à la demande de l'auditeur général des FARDC, le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi. Présidée par le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay Tiende, premier président de la Haute Cour militaire, cette affaire s'annonce comme l'un des procès les plus sensibles de ces dernières années. Au-delà du sort judiciaire des accusés, les décisions qui seront rendues pourraient constituer un signal fort sur la volonté des institutions congolaises de faire répondre les hauts responsables militaires devant la justice lorsque des accusations portant sur la sûreté de l'État sont soulevées.

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