WIRE — © DW NewsUne nouvelle opération sécuritaire menée à Goma suscite une vive inquiétude. Plus d'une cinquantaine de jeunes ont été interpellés mardi 7 juillet dans plusieurs quartiers de la commune de Karisimbi par des éléments de la police relevant de l'administration de l'AFC/M23. Depuis, leurs proches sont sans nouvelles et les organisations locales de jeunesse redoutent des disparitions forcées, voire un éventuel enrôlement. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les arrestations se sont déroulées aux abords de l'ancien camp militaire de Katindo, notamment sur les avenues Salongo 3 et Katoyi 1, à la frontière des quartiers Kasika et Mabanga Nord. Une opération menée sans communication officielle D'après des habitants, les personnes interpellées étaient principalement de jeunes garçons, mais également des jeunes filles et des enfants. Certains riverains affirment que plusieurs d'entre eux avaient été dénoncés ces dernières semaines pour des faits présumés de vols ou de consommation de chanvre. Après leur arrestation, les jeunes auraient été rassemblés sur le terrain de l'ancien camp militaire de Katindo avant d'être embarqués dans plusieurs camions en direction d'un lieu inconnu. À ce stade, aucune autorité de l'administration de l'AFC/M23 n'a communiqué officiellement sur les motifs précis de ces interpellations, ni sur le lieu où les personnes arrêtées seraient détenues. Face à cette absence d'informations, plusieurs habitants demandent qu'un tri soit rapidement effectué afin que les personnes arrêtées sans éléments à charge puissent être remises en liberté. Le Conseil communal de la jeunesse redoute des enlèvements Le Conseil communal de la jeunesse de Karisimbi est monté au créneau mercredi 8 juillet pour dénoncer ce qu'il qualifie d'enlèvement de plus de cinquante jeunes. Son président, Claude Rugo, affirme que les victimes ont été embarquées de force dans plusieurs véhicules qui appartiendraient aux éléments de l'AFC/M23. Selon lui, les familles ignorent totalement où se trouvent leurs proches et dans quelles conditions ils sont retenus. La structure de jeunesse dit craindre un éventuel enrôlement forcé de certains jeunes au sein du mouvement armé et appelle l'opinion nationale ainsi que la communauté internationale à se mobiliser afin d'obtenir leur libération. Elle réclame également l'ouverture d'enquêtes indépendantes sur les assassinats et les différents cas d'insécurité signalés dans cette partie de la province du Nord-Kivu. Un climat sécuritaire toujours plus tendu à Goma Cette nouvelle vague d'interpellations intervient quelques jours seulement après une précédente opération menée dans la ville de Goma. À cette occasion, plusieurs jeunes avaient été arrêtés pour non-respect des mesures édictées par les autorités locales de l'AFC/M23 et poursuivis pour " trouble à l'ordre public ". Ces arrestations étaient intervenues alors que de nombreux habitants célébraient le parcours des Léopards de la RDC à la Coupe du monde 2026. Les jeunes concernés avaient finalement été libérés après avoir passé deux nuits en détention. La nouvelle opération menée à Katindo ravive aujourd'hui les inquiétudes des habitants, dans une ville où les questions de sécurité et de protection des civils demeurent au cœur des préoccupations.

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