WIRE — Il continue de pleuvoir sur la tête de Gianni Infantino. L'homme aux trois nationalités (suisse, italienne et libanaise) qui dirige le football mondial depuis 2016 vit des moments compliqués. Alors qu'il filait paisiblement vers sa réélection, le 18 mars 2027, à Rabat (Maroc), Gianni Infantino doit, désormais, faire face à une fronde qui monte en puissance.Son projet avorté de vendre des parts du Mondial à des hommes d'affaires, à travers la création de la Fifa Forward Entreprise, est en train de le pousser vers la sortie.C'était la ligne rouge pour une grande partie des acteurs du football mondial. En tout cas, les Confédérations européenne (Uefa), nord-américaine (Concacaf) et asiatique (Afc) ne cachent plus leur engagement à le faire quitter la Fifa. Hier, elles ont publié une déclaration commune contre la direction de la Fifa.Les trois confédérations dénoncent une " rupture fondamentale de confiance " après la controverse autour de l'ouverture du capital des activités commerciales liées à la Coupe du monde.En dépit des excuses d'Infantino, l'Uefa, la Concacaf et l'Afc sont rigides sur leur position. " Cette lettre ne reconnaît pas que la proposition elle-même était fondamentalement erronée... Il n'est aucunement admis que tenter de céder une participation de la Coupe du monde de la Fifa constituait une grave défaillance de jugement ou une erreur de procédure, mais une rupture fondamentale de confiance envers les institutions mêmes que la Fifa existe pour servir ", déplorent-elles.La Fifa, de son côté, dénonce " un effort concerté et continu " pour " affaiblir l'institution et son président ". Mais la contestation demeure forte et le boycott de la Coupe du monde, brandi par le bloc européen, sonne comme un avertissement politique fort.L'Uefa, en effet, possède une force suffisante pour supplanter la Coupe du monde, d'autant que les pays européens représentaient 3 des 4 derniers finalistes du dernier Mondial. Ils utilisent donc la menace du boycott comme outil politique. L'objectif de l'Uefa est clair : faire tomber Infantino ou, à défaut, lui prendre son indépendance.En additionnant tous leurs pays membres, les instances européennes, nord-américaines et asiatiques paraissent détenir une confortable majorité dans le système électoral de la Fifa, mais le calcul est trompeur : aucune discipline de vote ne leur est garantie.Et puis des pays, comme le Mexique, se sont publiquement démarqués de la ligne de la Concacaf, réaffirmant leur soutien à Gianni Infantino. Pareil pour l'Asie qui apparaît encore plus divisée.Le Qatar, le Sri Lanka, le Koweït, le Liban, l'Indonésie, les Philippines, la Mongolie et le Bhoutan ont déjà volé au secours du patron de la Fifa. Sans oublier ce bétail électoral muet que représente l'Afrique, pourtant forte de 54 électeurs. Vivement que le football triomphe.

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