WIRE — Le président du Cojep, Charles Blé Goudé, a réaffirmé sa volonté de tourner la page des querelles personnelles pour se consacrer aux grands enjeux de société et de politique, lors de son 9ᵉ Café politique, organisé le dimanche 2 août 2026 à Krindjabo, dans la région du Sud-Comoé. Au cœur de son intervention, l'ancien leader de la jeunesse patriotique a mis l'accent sur la lutte contre l'orpaillage clandestin, la préservation de l'environnement et la promotion d'une nouvelle culture politique auprès de la jeunesse ivoirienne.Estimant que les débats politiques en Côte d'Ivoire sont trop souvent accaparés par des considérations personnelles, Charles Blé Goudé a appelé à recentrer les discussions sur les véritables préoccupations des populations. Selon lui, les différends entre individus ne doivent pas occulter les défis auxquels le pays est confronté.Revenant sur son parcours, il a rappelé avoir assumé différentes responsabilités au sein de mouvements de jeunesse. Ancien président des Jeunes patriotes et, auparavant, secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (Fesci), il affirme aujourd'hui être entré dans une nouvelle phase de sa vie politique." Aujourd'hui, je veux construire avec la jeunesse ivoirienne ", a-t-il déclaré, plaçant l'employabilité des jeunes au cœur de ses priorités. Selon lui, beaucoup de jeunes recherchent un emploi sans disposer de compétences clairement définies. Il estime donc qu'il faut renforcer leur formation, quel que soit leur niveau d'études. À ses yeux, l'école seule ne garantit pas la réussite économique.Parmi les opportunités qu'il met en avant figure l'agriculture. À cet effet, il encourage les jeunes à s'intéresser à la terre et aux activités agricoles. Il déplore que certains considèrent encore l'agriculture comme une activité peu valorisante.Une dénonciation ferme de l'orpaillage clandestinParmi les sujets qu'il juge prioritaires figure l'orpaillage clandestin, qu'il considère comme une menace majeure pour l'environnement, la santé publique et la cohésion sociale. Selon le président du Cojep, une grande partie de cette activité est exercée par des personnes étrangères au pays, qui exploitent les ressources minières dans des conditions illégales avant d'emporter les richesses ainsi produites.Il dénonce notamment les conséquences écologiques de cette pratique : destruction des écosystèmes, pollution des cours d'eau, dégradation de la qualité de l'air et contamination des ressources halieutiques. " Ils nous laissent les maladies et repartent avec les richesses ", a-t-il regretté, appelant les autorités à renforcer la lutte contre ce phénomène.Le responsable politique a également évoqué la dégradation de plusieurs cours d'eau du pays. Citant notamment la Comoé, le N'Zi, le Bandama ainsi que la région d'Ayamé, il estime que ces espaces, autrefois symboles de la richesse naturelle ivoirienne, sont aujourd'hui profondément affectés.Pour lui, l'orpaillage clandestin ne constitue pas seulement une question environnementale, mais également un enjeu de santé publique et de stabilité sociale.**media[289373]**Une nouvelle vision de la politiqueS'adressant particulièrement aux jeunes, il a plaidé pour un changement profond des mentalités en matière d'engagement politique. " La politique, ce n'est pas la guerre. La politique, c'est le projet ", a-t-il insisté.Charles Blé Goudé estime que le débat public doit se fonder sur les idées, les programmes et les solutions plutôt que sur les attaques personnelles. Selon lui, il est possible de s'opposer à un adversaire sans chercher à l'humilier ou à le dénigrer.Dans cette perspective, il défend une conception de la démocratie fondée sur la continuité de l'action publique. Pour illustrer son propos, il a pris l'exemple de la France, soulignant que les grandes réalisations d'un pays sont souvent le fruit des contributions successives de plusieurs dirigeants. " Ce que fait un adversaire n'est pas forcément mauvais. Il peut y avoir des limites que vous relevez et auxquelles vous apportez d'autres solutions ", a-t-il expliqué.Une ambition électorale assumée : " Je veux porter la voix des pauvres "Évoquant ses perspectives politiques et une éventuelle candidature, l'ancien leader de jeunesse n'a laissé planer aucun doute sur ses intentions.À la question de savoir s'il briguerait une fonction élective si son nom était réinscrit sur la liste électorale, il a répondu sans détour : " Dès que mon nom sera inscrit sur la liste électorale, je serai candidat. Je veux porter la voix des pauvres. "Une déclaration qui confirme son intention de demeurer un acteur de la vie politique nationale, tout en poursuivant son plaidoyer en faveur d'une jeunesse davantage tournée vers les projets de développement et les grands enjeux de société.
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