WIRE — Faire de la propreté une véritable culture citoyenne. C'est l'ambition affichée par le ministre de l'Hydraulique, de l'Assainissement et de la Salubrité, Dr Amédé Koffi Kouakou, qui a mobilisé, le jeudi 30 juillet 2026, à Abidjan, les professionnels des médias et de la communication autour de la lutte contre l'insalubrité.Dans la salle de réunion du 14ᵉ étage de la Tour A, au Plateau, le ministre, accompagné de plusieurs membres de son cabinet et de la directrice générale de l'Agence nationale de gestion des déchets (Anaged), Sarrahn Teinin Ouattara, a échangé à bâtons rompus avec des journalistes, chroniqueurs, influenceurs, blogueurs et créateurs de contenu.Cette rencontre s'inscrivait dans le cadre de la 10ᵉ édition de la Semaine nationale de la propreté (Snp), prévue du 1er au 6 août 2026, autour du thème : " Engagement communautaire pour une Côte d'Ivoire propre ". Elle visait notamment à fournir aux acteurs des médias des informations précises sur les enjeux de la salubrité, tout en recueillant leurs préoccupations et leurs propositions.Pour cette 10ᵉ édition de la Semaine nationale de la propreté, le gouvernement entend miser davantage sur la sensibilisation et la mobilisation communautaire. " La répression n'est pas notre priorité. Si chacun comprend qu'il doit vivre dans un environnement sain et propre, nous atteindrons nos objectifs. La sanction ne doit être que le dernier recours ", a déclaré Amédé Koffi Kouakou.Le coup d'envoi de cette mobilisation nationale sera donné le dimanche 2 août 2026, à la mairie de Yopougon, à l'occasion de la Journée du grand ménage. Une étape qui devra traduire dans les faits l'appel lancé par le ministre : faire de la propreté une responsabilité collective et un réflexe quotidien.**media[289090]**Le ministre a insisté sur la nécessité d'un changement profond des comportements. Pour Amédé Koffi Kouakou, la propreté ne saurait être l'affaire exclusive de l'État ou des collectivités. Elle relève de la responsabilité de chaque citoyen. " Le civisme reste la meilleure arme contre l'insalubrité et les inondations ", a-t-il martelé, invitant les médias, les influenceurs et les autres acteurs du numérique à amplifier les messages de sensibilisation auprès des populations.Pour illustrer son propos, le ministre s'est référé aux pratiques traditionnelles dans les villages ivoiriens, où chaque famille veillait à la propreté de sa concession avant de déposer ses déchets dans des espaces communautaires. " Chacun doit pouvoir balayer devant chez lui, sa cour et jusqu'au bord de la route ", a-t-il insisté, regrettant qu'en milieu urbain cette responsabilité soit de plus en plus transférée aux mairies et à l'État.Le ministre a également alerté sur l'ampleur du défi à relever dans le District autonome d'Abidjan. La capitale économique produit quotidiennement entre 4 500 et 5 000 tonnes de déchets. Un simple retard dans leur collecte peut ainsi rapidement provoquer une accumulation considérable. " Si vous passez une journée sans ramasser les ordures, cela représente près de 5 000 tonnes. Après deux jours, ce sont déjà 10 000 tonnes, auxquelles viennent s'ajouter les déchets produits quotidiennement ", a-t-il expliqué.Selon lui, les moyens financiers mobilisés par l'État pour assurer le nettoyage des quartiers pourraient être consacrés à d'autres actions de développement si les citoyens assumaient pleinement leur part de responsabilité.Il a également précisé que la mission de l'État, à travers l'Anaged, consiste principalement à organiser la collecte et le transport des déchets vers les centres de traitement, et non à se substituer aux habitants pour l'entretien de leur environnement immédiat.**media[289091]**Les déchets dans les caniveaux, un facteur d'inondationS'appuyant sur des images, Amédé Koffi Kouakou a dénoncé plusieurs comportements qui aggravent les risques d'inondation dans les communes d'Abidjan. Parmi eux figure le déversement de déchets dans les caniveaux et les avaloirs. " Nous prenons les ordures pour les jeter dans les caniveaux, puis nous demandons à l'État de venir les enlever avec l'argent public ", a-t-il déploré.Le ministre a également condamné les raccordements clandestins d'eaux usées aux réseaux destinés à l'évacuation des eaux pluviales. Ces pratiques favorisent les mauvaises odeurs, exposent les populations à des risques sanitaires et peuvent contribuer à l'obstruction des ouvrages d'assainissement ainsi qu'aux inondations lors des fortes pluies.Pour le gouvernement, la construction d'une Côte d'Ivoire plus propre ne repose donc pas uniquement sur les moyens publics. Elle commence aussi par des gestes simples : balayer devant sa porte, préserver son cadre de vie et éviter de transformer les espaces publics en dépotoirs.

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