WIRE — Les centrales ivoiriennes affiliées à la Confédération syndicale internationale (Csi) région Afrique - Humanisme, Cisl-Dignité, Union générale des travailleurs de Côte d'Ivoire (Ugtci) et la Fédération des syndicats autonomes de Côte d'Ivoire (Fesaci) – ne veulent plus se taire face à la montée en puissance des fléaux économiques qui gangrènent les nations et portent le visage de la corruption, de la kleptocratie, des flux financiers illicites et de la mauvaise gestion de la dette.Dans une déclaration commune produite à cet effet, intitulée ''Une bonne gouvernance pour l'emploi, les services publics et le développement durable en Côte d'Ivoire'' et lue, le vendredi 24 juillet, au siège de la centrale Humanisme, à Adjamé, par Soro Mamadou, 1er vice-président de la Csi Afrique, le mouvement syndical ivoirien appelle à un partenariat efficace et à une implication sans réserve des travailleurs dans la lutte contre les pratiques économiques malsaines." Chaque franc préservé de la fuite des ressources, et chaque projet financé par l'emprunt mené à bien comme promis peut contribuer aux services, aux emplois décents, à la protection sociale, aux transferts monétaires et aux infrastructures productives. L'intégrité des recettes publiques est une question qui concerne à la fois les travailleurs et le développement ", a relevé Soro Mamadou.Pour le porte-voix des syndicats ivoiriens, la corruption et la kleptocratie – l'utilisation de l'autorité et des ressources publiques à des fins privées – réduisent les capacités de développement.La fausse facturation dans le commerce, les transferts abusifs de bénéfices, la propriété occulte, le blanchiment d'argent et les produits de la corruption affaiblissent l'assiette fiscale et détournent les ressources productives.Les travailleurs en supportent le coût sous forme de perte d'emplois, de pression sur les salaires, d'une protection sociale insuffisante et de services sous-financés. Les femmes, les jeunes, les travailleurs de l'économie informelle et les communautés à faibles revenus sont particulièrement touchés.Un endettement mesuré peut financer les infrastructures, l'énergie, la santé, l'éducation et la transformation, mais la dette doit être transparente, abordable, prudente et créer de la valeur publique.Le service de la dette ne doit pas prendre le pas sur le travail décent, l'investissement social ou les réponses aux chocs économiques, sociaux et climatiques.Au regard des préoccupations évoquées, les organisations syndicales suggèrent au gouvernement de continuer à renforcer le dialogue social dans toutes les institutions de gouvernance, afin que les syndicats participent à la réflexion, à l'élaboration et à la mise en œuvre des programmes de lutte contre la corruption." Les priorités devraient être la mise en œuvre mesurable de la stratégie de lutte contre la corruption des rapports annuels de reddition de comptes, des marchés publics transparents, la vérification de la propriété effective, la coordination des institutions, la protection des lanceurs d'alerte et une mobilisation équitable des recettes. Ce, en s'attaquant à l'évasion fiscale, à la fausse facturation commerciale et aux exonérations injustifiées, sans pour autant imposer de charges aux travailleurs ou aux petites entreprises ", a recommandé Soro Mamadou.Soulignant que la transparence et la responsabilité en matière de dette sont essentielles. Et que le gouvernement et les créanciers devraient publier les contrats de prêt, leurs conditions, leur utilisation et leurs résultats.
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