WIRE — Les pays dAfrique de lOuest doivent renforcer sans délai leurs capacités de prévention, de préparation et de riposte face aux urgences sanitaires. Cest le principal message porté par le Directeur exécutif du Centre régional de surveillance et de contrôle des maladies de la CEDEAO, Dr Mamadou Diarrassouba, lors de la conférence inaugurale du 5e Congrès de santé publique de Côte dIvoire (CSPCI), organisée le mercredi 22 juillet 2026 à lInstitut national de santé publique (INSP) dAbidjan-Adjamé.En prélude à louverture officielle du congrès, prévu du 22 au 24 juillet autour du thème " Nos environnements et notre santé ", le responsable régional est intervenu sur " Urgences sanitaires dans des pays aux ressources limitées : défis, réponses et perspectives pour des systèmes de santé résilients ".Dans son exposé, Dr Mamadou Diarrassouba a dressé un tableau préoccupant de lévolution des crises sanitaires en Afrique de lOuest. Selon lui, les urgences de santé publique sont devenues " radicalement différentes ", plus complexes et plus difficiles à maîtriser.**media[288111]**Il a identifié quatre grandes catégories de menaces : les épidémies telles quEbola, la dengue ou le choléra, les pandémies à limage de la Covid-19, les catastrophes naturelles et environnementales, notamment les inondations, les éboulements et les pollutions chimiques, ainsi que les conflits armés. Autant de situations qui mettent sous pression des systèmes de santé déjà fragiles.Une réponse qui dépasse le seul secteur de la santéFace à cette réalité, le Directeur exécutif du Centre régional de surveillance et de contrôle des maladies de la CEDEAO estime que la réponse ne peut plus être uniquement médicale." Les urgences sanitaires actuelles nécessitent une approche coordonnée impliquant plusieurs secteurs ", a-t-il souligné.Il a notamment mis en avant les facteurs qui favorisent lémergence des crises sanitaires : lurbanisation rapide, linsuffisance de laccès à leau potable et à lassainissement, les mouvements transfrontaliers, les effets du changement climatique ainsi que les interactions entre lhomme, lanimal et lenvironnement.Dr Diarrassouba a également pointé les insuffisances de gouvernance qui freinent lefficacité des réponses. Il a déploré la fragmentation institutionnelle, le manque de coordination entre les différents acteurs, le déficit de leadership ainsi que la faible mise en œuvre des plans de préparation élaborés par les États.Investir davantage et renforcer lautonomie sanitaireSur le volet financier, le conférencier a invité les gouvernements à accroître leurs investissements dans les systèmes de santé." Chaque crise coûte beaucoup plus cher lorsque le système nest pas préparé ", a-t-il averti, plaidant pour des financements durables plutôt que des réponses ponctuelles aux urgences.Il a également insisté sur la nécessité pour le continent de gagner en autonomie dans le domaine pharmaceutique." LAfrique doit se réveiller. Nous devons produire nos propres vaccins, nos réactifs et nos produits pharmaceutiques afin de faire véritablement la différence ", a-t-il lancé.Les nouvelles technologies au service de la surveillanceDr Mamadou Diarrassouba a par ailleurs mis en avant les opportunités offertes par les innovations technologiques. Lintelligence artificielle, le séquençage génomique et la surveillance satellitaire, a-t-il expliqué, peuvent améliorer la détection précoce des maladies et renforcer les capacités de riposte.Il a toutefois précisé que ces outils doivent venir en appui aux services de santé de proximité, sans sy substituer.Au niveau régional, il a présenté les six priorités stratégiques de la CEDEAO : le renforcement de la surveillance sanitaire, des laboratoires, des ressources humaines, du financement durable, de la gouvernance multisectorielle et de lapproche " Une seule santé ", qui intègre les liens entre la santé humaine, animale et environnementale.Le Centre régional de surveillance et de contrôle des maladies de la CEDEAO accompagne déjà les États membres dans la surveillance épidémiologique, le partage dinformations et le renforcement des capacités.En conclusion, Dr Mamadou Diarrassouba a appelé à une mobilisation collective des pays de la région, rappelant que la sécurité sanitaire dépasse les frontières nationales." Notre sécurité sanitaire est un bien public régional. Une menace sanitaire qui apparaît dans un pays concerne tous les autres ", a-t-il affirmé, avant de conclure : " Le meilleur moment pour se préparer à la prochaine urgence de santé publique, cest avant quelle narrive. "

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