WIRE — Trois jours après son entretien avec le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye au Palais de la République le 17 juillet 2026, l'ancien chef de l'État sénégalais s'est félicité le 20 juillet, du soutien officiel annoncé par Dakar à sa candidature au poste de Secrétaire général de l'Onu et a exprimé sa gratitude dans plusieurs publications sur X. C'est par un communiqué du ministère sénégalais de l'Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'extérieur, que le Président Diomaye Faye a décidé d'apporter le plein soutien du Sénégal à la candidature de son prédécesseur. Le gouvernement et le réseau diplomatique sénégalais sont appelés à se mobiliser pour promouvoir ce dossier auprès des États membres de l'Onu.Au-delà de la séquence sénégalaise, certains observateurs pourraient lire dans ce revirement - relativement à la position de Dakar -un possible effet de réseau diplomatique régional. Macky Sall, qui multiplie les consultations auprès de dirigeants africains, venait notamment d'être reçu à Banjul par le président gambien Adama Barrow et cherchait à faire de sa candidature une cause africaine, davantage qu'une initiative strictement personnelle. Dans cette perspective, l'appui, explicite ou discret, de chefs d'État de la Cedeao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) aurait pu contribuer à créer un climat favorable autour de sa démarche et à réduire le coût politique d'un soutien de Dakar. La récente désignation de Bassirou Diomaye Faye par ses pairs à la présidence en exercice de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de de l'organisation sous-régionale a donc pu peser dans cette équation. D'autant plus que placé à la tête de l'organisation sous-régionale, le chef de l'État sénégalais se retrouve dans une posture de responsabilité collective, où la cohésion régionale, la solidarité entre dirigeants ouest-africains et le rayonnement diplomatique de la Cedeao deviennent des enjeux centraux. Soutenir la candidature de Macky Sall pouvait ainsi apparaître comme un geste de continuité étatique et de leadership régional, permettant au Sénégal d'aligner sa diplomatie nationale sur une ambition africaine plus large. Rien ne permet toutefois d'affirmer publiquement que Bassirou Diomaye Faye ait été directement influencé par ses pairs régionaux : le communiqué sénégalais met surtout en avant la continuité de l'État, la courtoisie républicaine et l'intérêt supérieur de la Nation.Pour ou contre...Sur les réseaux sociaux et dans les commentaires des médias sénégalais, l'annonce a suscité des réactions contrastées. Du côté des soutiens, Yoro Dia a salué sur X un geste d'État, estimant que Bassirou Diomaye Faye avait " pris de la hauteur " en répondant à " l'appel des sirènes de la Grande Histoire " plutôt qu'à la " petite politique politicienne ". L'Alliance pour la République (APR), parti de Macky Sall, a également applaudi la décision dans un communiqué relayé sur ses plateformes numériques et dans la presse, affirmant qu'elle plaçait " l'intérêt supérieur de la Nation au-dessus de toute autre considération " et saluant " le sens élevé de l'État, la hauteur de vue et l'esprit républicain " du président Diomaye Faye.À l'inverse, les opposants à cette ligne rappellent les critiques anciennes contre l'ex-Président. Seydi Gassama, coordonnateur d'Amnesty International Sénégal, avait ainsi prévenu, dans une prise de position relayée sur X et reprise par des médias en ligne, qu'un appui de Dakar à Macky Sall serait perçu comme un " compromis inacceptable " et une trahison de la mémoire des victimes des violences politiques de 2021 à 2024. Le député Guy Marius Sagna a, lui, exprimé son opposition dans une déclaration publique relayée sur ses réseaux sociaux et par la presse en ligne, affirmant que le Sénégal ne pouvait pas soutenir la candidature de quelqu'un qu'il accuse d'avoir encouragé " l'assassinat de près de 100 Sénégalais " et " l'emprisonnement de milliers de détenus politiques ".**media[287874]**Ce soutien officiel marque un tournant dans la campagne de Macky Sall pour succéder à António Guterres à la tête des Nations unies. En devenant désormais une candidature portée par l'État sénégalais, son dossier bénéficie d'un appui diplomatique majeur, même si le débat politique autour de son héritage continue d'alimenter les réactions au Sénégal et au-delà.
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