WIRE — Plan national de développement, Pnd 2026-2030, il en a été largement question ces dernières semaines. Surtout, la tenue du Groupe consultatif, à Abidjan, les 8 et 9 juillet derniers. La moisson, tout le monde le reconnaît, a été bonne. Dès la première journée réservée aux institutions, la Côte d'Ivoire a récolté plus de quatre fois, ce qu'elle espérait des contributeurs internationaux. Plus de 47000 milliards de FCfa d'intentions affichées. Une étape importante vient d'être franchie. Maintenant, il est question d'être concret.La Côte d'Ivoire vient de démontrer, s'il en était besoin, que sa signature est de belle facture. Les milliers de personnalités et structures venues participer au dernier Groupe consultatif, les 8 et 9 juillet, à Abidjan, l'attestent. Le tout premier Groupe consultatif du Plan 2012-2015, après des décennies de gestion spontanée (les plans quinquennaux ont existé sous l'ère Houphouët), a eu lieu en décembre 2012, loin de la lagune Ébrié, à Paris, dans la capitale française.Il fallait se déplacer sur le terrain des financiers. L'image est importante : celle d'un agent en besoin de financement. Pour simplifier, prenons l'exemple de quelqu'un qui est à la recherche de crédit.Il se rend généralement chez son créancier. Il y expose le motif de sa visite : demander une assistance financière pour une activité ou un projet qu'il juge utile, nécessaire et rentable. Normal, il doit parvenir à convaincre le financeur. Ce dernier va chercher à avoir des garanties d'être remboursé.Pour cela, il se renseigne sur son interlocuteur, analyse le projet, pose des questions, et fixe des conditions, avant de délier la bourse. Et pour minimiser les risques, il donne moins que le montant sollicité. C'est ainsi qu'on pouvait résumer, à une dimension proche de chaque citoyen, la situation de la Côte d'Ivoire, en 2012, lorsqu'elle allait solliciter l'appui du monde des affaires et des pays et des institutions à Paris.Aujourd'hui, les données ont changé. Pour avoir bien géré les plans qui se sont succédé depuis lors, la Côte d'Ivoire, au lieu de se déplacer, déplace les mêmes institutions sur son territoire. Plus de 2000 investisseurs venant de 49 pays. C'est le créancier qui vient chez son débiteur.Pourquoi le fait-il ? C'est simple. Le débiteur est un bon client. Il a su gérer le peu qu'il avait sollicité au début. Il a su administrer le niveau élevé d'aide qui lui a été octroyé par la suite. Il a réussi avec brio, dernièrement, à donner du sens et de l'ampleur au volume plus important qui lui a été confié. Finalement, le débiteur est arrivé à forcer chez le créancier une valeur essentielle dans le milieu économique. La confiance. C'est exactement la prouesse réalisée par la Côte d'Ivoire, avec la Plan national de développement.En la matière, cette confiance se traduit par la qualité de la signature du pays. Une qualité qui se mesure par les notes attribuées par les agences internationales de notation. Sur la question, le pays a enregistré successivement des bonds qualitatifs. Mais tout récemment, en fin juin, le Fonds monétaire international (Fmi) donnait un verdict intéressant concernant la Côte d'Ivoire.Les efforts du gouvernement donnant une robustesse avérée à l'économie ont été reconnus. Ainsi, la Côte d'Ivoire est sortie de la catégorie des pays à risque d'endettement modéré pour se hisser parmi les États pouvant s'endetter avec un risque faible.Les partenaires techniques et financiers comprennent parfaitement ce langage. Et, ils l'ont démontré lors du Groupe consultatif. Contrairement à notre personnage pris en exemple plus haut, à qui le créancier donne moins que ce qu'il demande, la Côte d'Ivoire, du fait de la fiabilité de sa signature, a décroché quatre fois le montant sollicité auprès des institutions internationales. Les bailleurs de fonds publics et privés ont été séduits par le projet ivoirien.Ils se sont montrés très intéressés par le Pnd 2026-2030. Un grand pas de franchi. Mais, une chose est d'avoir des intentions favorables, une autre est de transformer ces vœux en réalité. En clair, qu'en est-il de l'après-Groupe consultatif ? Ce sont les prochains défis. Le premier est de transformer les engagements en financements effectifs.Les annonces faites par les partenaires doivent être suivies de signature de conventions de financement, avec la négociation des conditions de prêt ou de don, le décaissement progressif des ressources et le respect des calendriers d'exécution. Il faut parvenir à éviter un écart entre les promesses de financement et les montants effectivement mobilisés.En deuxième lieu, la priorisation des projets stratégiques, en tenant compte de leur impact et de leur valeur ajoutée, doit suivre. Dans ce cas, les indicateurs suivants sont à regarder avec rigueur. A savoir la croissance économique ; la création d'emplois ; la transformation industrielle ; le développement du capital humain ; la réduction des inégalités régionales.Par ailleurs, troisièmement, la gouvernance du Pnd est une condition de réussite. Une meilleure coordination entre les ministères est indispensable. Ce, dans un cadre de planification stricte des projets, en respectant les délais, en luttant contre la corruption et en assurant une totale transparence dans la gestion des ressources.Une gouvernance efficace renforce, en effet, la confiance des partenaires techniques et financiers. Mais aussi, le Pnd doit être inclusif, par une forte mobilisation des ressources nationales, qui associe la diaspora et une implication significative des entreprises locales à travers des partenariats public-privé. Enfin, il faut avoir un système de suivi-évaluation rigoureux pour faciliter les ajustements nécessaires et renforcer la redevabilité.En somme, la réussite du Pnd 2026-2030 sera évaluée à l'aune de ses résultats concrets : création d'emplois, amélioration des conditions de vie des populations, renforcement de la compétitivité de l'économie et progression vers une croissance durable et inclusive. Ainsi, la Côte d'Ivoire pourra se hisser au rang des économies à revenu intermédiaire de la tranche supérieure.

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