WIRE — Les Centres d'Observation des Mineurs (COM) d'Abidjan-Bingerville et de Bouaké disposent désormais d'un programme renforcé d'activités socio-éducatives, sportives et de soutien psychologique destiné aux enfants en contact avec la justice. Le lancement officiel de cette initiative s'est déroulé le jeudi 9 juillet 2027 au Centre d'Observation des Mineurs de Bingerville, en présence de la représentante du Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l'Homme, Blandine Djah Ababi, et de Guenole Oudry, représentant de l'Agence française de développement (AFD), partenaire technique et financier du projet.Mis en œuvre dans le cadre du troisième Contrat de Désendettement et de Développement (C2D Justice) conclu entre la Côte d'Ivoire et la France, ce projet ambitionne d'améliorer l'accompagnement éducatif, psychologique et social des mineurs accueillis dans les deux centres. Il traduit la volonté des autorités ivoiriennes de bâtir une justice plus humaine, plus protectrice et davantage tournée vers la réinsertion des jeunes.L'éducation au cœur de la prise en chargePour la directrice de la Protection judiciaire de l'Enfance et de la Jeunesse (DPJEJ), Esther Vonan, cette initiative illustre l'engagement du gouvernement à promouvoir une protection de l'enfance fondée sur l'éducation et la non-discrimination." Il sagit de faire en sorte que chaque enfant en contact avec la justice puisse bénéficier dun accompagnement lui permettant de reconstruire son parcours de vie et de retrouver pleinement sa place au sein de la société ", a-t-elle déclaré.La représentante du Garde des Sceaux a rappelé que " le mineur placé sous la main de la justice demeure avant tout un enfant ". Même lorsqu'il répond de ses actes devant la justice, a-t-elle insisté, il conserve ses droits fondamentaux, notamment celui d'être protégé, éduqué, accompagné et préparé à sa réinsertion familiale et sociale.Cette vision est en parfaite adéquation avec le décret n°2023-239 du 5 avril 2023 portant réglementation des établissements pénitentiaires, qui prévoit que le régime applicable aux mineurs privilégie l'éducation, la scolarisation, la formation professionnelle ainsi que les activités sportives et récréatives.185 millions de FCFA pour accompagner les mineurs et former les professionnelsLe représentant de l'Agence française de développement a indiqué que le projet est financé à hauteur de 300 000 euros, soit environ 185 millions de FCFA. Il repose sur deux principaux volets : l'organisation d'activités socio-éducatives au profit des mineurs et le renforcement des compétences des professionnels intervenant dans les Centres d'Observation des Mineurs.Concrètement, les jeunes bénéficieront d'activités variées telles que la peinture, le théâtre, le conte, la musique, le jardinage, la couture, la coiffure, le sport ainsi que d'un accompagnement psychologique. L'objectif est de leur permettre de retrouver l'estime de soi, de développer leurs talents, de renforcer leurs compétences et de préparer leur réinsertion dans la société.Un projet prévu jusqu'en 2028Signé le 28 avril 2026, le projet sera exécuté jusqu'au 31 décembre 2028. À travers cette initiative, le ministère de la Justice et des Droits de l'Homme, avec l'appui de l'AFD, entend faire des Centres d'Observation des Mineurs de véritables espaces d'éducation, de reconstruction personnelle et de réinsertion sociale, où chaque enfant peut envisager un nouveau départ malgré son passage devant la justice.

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