WIRE — Les producteurs ivoiriens redoutent une nouvelle hausse des prix des engrais. Entre les tensions géopolitiques internationales et les mesures fiscales nationales, les coûts des intrants agricoles pourraient continuer à augmenter, avec des répercussions sur la production et la sécurité alimentaire.Les producteurs ivoiriens sont confrontés à un contexte de plus en plus complexe. Alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient continuent de perturber les chaînes mondiales dapprovisionnement, une pression fiscale nationale vient sajouter aux difficultés daccès aux engrais. Cette double contrainte pourrait accroître les coûts de production agricole et fragiliser davantage la sécurité alimentaire.Lors de la 181ᵉ session du Conseil de lOrganisation des Nations unies pour lalimentation et lagriculture (FAO), tenue à Rome le 10 juin 2026, le directeur général de linstitution, Qu Dongyu, a rappelé que près de 30 % des exportations mondiales dengrais transitent par le détroit dOrmuz, aujourdhui au cœur de fortes tensions géopolitiques.Toute perturbation de ce corridor maritime stratégique est susceptible dentraîner une hausse des coûts de transport, un allongement des délais dapprovisionnement ainsi quune plus grande volatilité des prix sur le marché international.Une fiscalité qui alourdit les coûtsÀ cette conjoncture internationale déjà préoccupante sajoute, en Côte dIvoire, lapplication dune TVA de 9 % sur les intrants destinés à la fabrication des engrais. Si cette mesure répond à des impératifs budgétaires, elle intervient dans un contexte où lensemble de la chaîne dapprovisionnement demeure sous tension.Pour les acteurs du secteur, cette taxation pourrait se répercuter sur le prix des engrais et peser sur les capacités dapprovisionnement des producteurs.Face à une éventuelle hausse des prix, certains exploitants pourraient être contraints de réduire les quantités dengrais utilisées ou de différer leurs achats. Une telle situation risquerait daffecter les rendements agricoles, de réduire les revenus des producteurs et, à terme, dentraîner une hausse des prix des denrées alimentaires pour les consommateurs.Des discussions engagées avec le gouvernementLenjeu dépasse ainsi la seule question du coût des engrais. Il concerne également la compétitivité de lagriculture ivoirienne, les revenus des exploitants, la stabilité des marchés agricoles et la souveraineté alimentaire du pays.Conscientes de ces défis, les autorités ivoiriennes ont engagé des discussions avec les administrations concernées. À lissue dune conférence réunissant, le 23 mars 2026, les ministres de lAgriculture de la CEDEAO, de lUEMOA et du Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), le ministre de lAgriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Koné, avait indiqué que des échanges étaient en cours en vue dun retour à une exonération totale de la TVA sur les engrais." Nous sommes passés dun taux de TVA de 0 % à 18 %, avant de revenir à 9 %. À ce jour, des discussions se poursuivent avec les administrations compétentes, dans la perspective dun retour à une exonération totale de la TVA sur les engrais, afin den faciliter laccès au maximum pour nos producteurs ", avait-il déclaré.Cette perspective est accueillie favorablement par les acteurs de la filière, qui espèrent une issue rapide aux discussions.Dans un contexte marqué par les incertitudes internationales, plusieurs observateurs estiment que des mesures de soutien aux intrants agricoles pourraient contribuer à préserver la compétitivité de lagriculture ivoirienne et à renforcer durablement la souveraineté alimentaire du pays.
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