WIRE — Chaque jour est le premier jour de ce qui nous reste à vivre. L'âge, pour ceux qui gardent espoir et se battent toujours pour un meilleur devenir, n'est qu'un chiffre. Rien n'est tard. Le vieux Ménékré, paix à son âme, a eu son heure de gloire alors qu'il avait dépassé la barre des 80 ans.Bien souvent, on s'inquiète pour l'avenir. On est pressé de " réussir ". On a peur du temps. Mais, on ne prend pas le temps de faire une pause, pour marquer son temps. La pause qui permet de voir et d'apprécier le chemin parcouru, pour savoir que nous sommes des élus.La vie nous donne régulièrement l'occasion de faire des comparaisons. L'homme est un éternel insatisfait. Ce n'est pas mauvais, en somme. C'est le début de la recherche de la perfection. Naturellement, tout est évolutif.L'homme naît bébé. Il se développe, fait les quatre pattes, apprend à marcher et devient enfant. Viennent l'adolescence et la jeunesse, avant l'âge adulte et la vieillesse. C'est le cycle de la vie.De la même manière, la quête du bien-être ou du mieux-être est une préoccupation permanente. Chacun court après ses ambitions, ses idéaux. Qu'ils soient professionnels, sociaux, matériels, financiers...Dans cette démarche, on a tendance à ne regarder que devant. Juste attitude. On regarde et même on regrette ce qu'on n'a pas. On envie ceux qui, pour nous, sont dans de bonnes grâces. Ceux qui possèdent plus que nous. On n'oublie en ce moment, que le bonheur, ce n'est pas du prêt-à-porter. Alors que c'est plutôt du sur mesure.Le bonheur est relatif. Deux petits exemples. Le premier, la pintade. La pintade n'est pas à la portée de tous, à Abidjan. Les restaurants d'un certain standing qui la propose au menu, affichent au moins 20.000 Fcfa, pour un plat de pintade. Il faut être financièrement à l'aise pour s'offrir cette volaille, en ville.Au Nord, dans les villages, la pintade braisée est beaucoup moins chère. Trois à quatre fois moins que le restaurant de ville. Mais, celui qui la consomme là-bas, n'est pas forcement nanti. Pourtant, la saveur de sa viande est la même. Procurant le même plaisir à son consommateur.Le deuxième exemple, contrairement au premier, tient du plaisir qu'on tire selon le produit consommé. Considérons le caviar et l'attiéké garba. Le modeste client de garba peut tirer le même niveau de satisfaction que le boss qui aime le caviar. Parce que, seul le garba, économiquement accessible pour lui et savoureusement apprécié, peut lui procurer le plaisir que le caviar ne pourrait lui en donner.Ce dernier se sent bien au maquis, avec ses amis, que dans un restaurant huppé ou tout comportement est calculé, mesuré et codifié. Bref. Aspirer au meilleur est une ambition à ne pas étouffer.C'est certain. Mais, il faut savoir regarder de temps en temps dans le rétroviseur. Voir le parcours déjà effectué. Il s'agit de se rendre compte des acquis obtenus par les efforts. Donc de mieux apprécier la position actuelle. L'humain a tendance à ne voir que ce qui lui manque. Ce à quoi il aspire. Or, il est aussi stratégiquement bon de savourer l'existant.En le faisant, on peut se rendre compte qu'on n'est pas le plus démuni. Parce que, sur le chemin, certains sont morts, quand ils ne sont pas sur un lit d'hôpital. Et nous, nous avons la grâce du souffle de vie. C'est la première richesse.Sur le parcours, depuis l'école primaire, d'autres ont abandonné la course. Ils n'ont pu malheureusement s'insérer socialement ou professionnellement. Ils sont à la traîne. Ils tirent le diable par la queue. Ils nous sollicitent même, pour joindre les deux bouts.Nous réalisons alors que nous avons au moins le minimum, pour ne pas vivre à la belle étoile. Nos avons de quoi scolariser nos enfants. Nous arrivons à assurer l'alimentation quotidienne, faire face aux préoccupations quotidiennes de la famille, régler des problèmes au village.C'est que, tout en recherchant à améliorer la situation, il faut prendre le temps de vivre le bonheur actuel. Ce point de vue peut être prolongé au niveau national. Il faut voir d'où on vient.La Côte d'Ivoire a connu la fracture la plus profonde et dangereuse de son histoire à ce jour.Heureusement, elle a su revenir à la surface. Reconstituer ses assises et se relancer, seulement en une quinzaine d'années. Avec des succès dans tous les secteurs. Santé, éducation, électrification, adduction en eau potable, social, infrastructures routières et économiques et rétablir son image sur le plan diplomatique.Toute une prouesse. Beaucoup reste à faire. Mais, beaucoup a été fait. Les attentes sont nombreuses. Il faut s'engager à leurs réalisations.Toutefois, il faut apprécier la position du pays aujourd'hui. Tout récemment, ses efforts ont été reconnus à l'international par son classement dans la catégorie des pays à risque d'endettement faible. Parallèlement, le pays planifie son développement.Le Plan national de développement (Pnd 2026-2030), la troisième génération depuis le retour aux plans quinquennaux, est évalué à 114000 milliards de Fcfa.Dans deux jours, les 8 et 9 juillet prochains, les bailleurs de fonds se retrouveront autour de la Côte d'Ivoire pour apporter leur contribution. Allons seulement !

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