WIRE — © DR Plus de 5 107 milliards de FCFA de financements extérieurs sont "dormants" au Cameroun sous forme de Soldes Engagés Non Décaissés, selon la CAA. En 2025 seulement, l'État a payé plus de 4 milliards de FCFA de commissions d'engagement sur ces sommes inutilisées, pendant que le budget de fonctionnement est épuisé en quelques mois. Le paradoxe est saisissant. Alors que les crédits de fonctionnement fondent dès le début de l'année budgétaire, l'État camerounais laisse dormir des milliers de milliards destinés à l'investissement. D'après la Caisse Autonome d'Amortissement, 5 107 milliards de FCFA sont actuellement bloqués au titre des SEND. Ce chiffre révèle une chaîne de la dépense publique à deux vitesses. Le fonctionnement s'épuise vite parce que les procédures sont courtes : achats, missions, ateliers, indemnités. L'argent sort rapidement, sur la base de ressources internes, sans validation extérieure. À l'opposé, l'investissement financé par les bailleurs s'enlise. La CAA pointe quatre freins majeurs. D'abord, la sous-maturation des projets : des marchés sont signés avant la fin des études techniques ou le paiement des indemnisations. Ensuite, l'absence de fonds de contrepartie de l'État qui bloque le décaissement des tranches suivantes. Viennent s'ajouter les lenteurs de la commande publique, avec des validations qui tournent pendant des mois entre ministères et commissions. Enfin, la double exigence réglementaire : le Code des marchés publics camerounais entre souvent en conflit avec les règles des partenaires techniques et financiers. Le coût de cette immobilisation est lourd. Non seulement les infrastructures attendues - routes, énergie, hôpitaux - ne voient pas le jour, mais le Trésor paie pour rien. En 2025, l'encours de SEND, estimé entre 5 000 et 5 107 milliards de FCFA, a généré plus de 4 milliards de FCFA de frais d'engagement, de l'argent qui part sans contrepartie productive et qui alourdit la dette. Pour inverser la tendance, des experts préconisent trois actions urgentes : ne signer un prêt que si le projet est entièrement mature, dématérialiser les procédures de passation des marchés pour gagner en célérité, et encadrer le budget de fonctionnement par un calendrier plus strict afin d'éviter l'assèchement précoce des caisses. Sans ces réformes, les milliards continueront de dormir, et l'objectif d'émergence restera en rade. Cet article Cameroun : 5 107 milliards de FCFA bloqués, l'investissement public à l'arrêt est apparu en premier sur Journalducameroun.com.

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